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Balkanisation-RDC : Jacques Ndarabu plaide pour un sursaut national avant qu’il ne soit trop tard

 

Face à la persistance des tensions sécuritaires dans l’Est de la République démocratique du Congo, l’internationaliste Jacques Ndarabu, diplômé en relations internationales de l’Université de Kinshasa, appelle à un “sursaut mental et patriotique” au sommet de l’État afin d’éviter une détérioration de la crise. À travers une réflexion comparative avec la guerre en Ukraine, l’analyste estime qu’un dialogue national inclusif pourrait constituer une voie salutaire pour préserver l’unité et l’intégrité du pays.

Ukraine–RDC : un parallèle qui interpelle

Pour Jacques Ndarabu, certaines similitudes stratégiques sont observables entre les trajectoires conflictuelles de l’Ukraine et de la RDC.

En Ukraine, rappelle-t-il, la guerre éclate en 2014 avec la chute de la Crimée. Plusieurs partenaires avaient encouragé Kiev à ouvrir un cadre de négociations plus large. “Le président Zelensky avait fait le choix de la fermeté. Aujourd’hui, environ 20 % du territoire ukrainien est passé sous contrôle russe”, observe-t-il.


En RDC, poursuit-il, "la chute de Bunagana en 2022 aurait dû servir d’avertissement majeur". Selon Ndarabu, plusieurs voix internes et externes avaient recommandé d’explorer la voie du dialogue direct pour éviter l’enracinement du conflit. “Le pouvoir avait décliné cette option, mais aujourd’hui, des entités stratégiques, y compris les capitales provinciales du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ainsi que plusieurs territoires, font face à une occupation du M23”, explique-t-il.

Le facteur Trump dans les deux crises

Autre point de comparaison : le rôle attribué à Donald Trump dans les discussions de paix. Ndarabu souligne que l’ancien président américain, redevenu influent sur la scène internationale, aurait proposé une formule de règlement du conflit ukrainien basée sur une concession territoriale à la Russie, une hypothèse qui suscite de vifs débats en Europe.

Et s’il appliquait une logique similaire en Afrique centrale ?

La RDC est vaste. Si un médiateur externe venait à suggérer la partition comme solution à la crise, cela serait un désastre absolu”, avertit l’internationaliste.

Selon lui, imaginer une telle perspective doit pousser les dirigeants congolais à prendre la pleine mesure des enjeux. "Aucun pays ne se relève d’un démembrement. La meilleure défense de notre souveraineté reste notre capacité à nous entendre avant que d’autres ne décident à notre place."

Le moment d’agir, c’est maintenant

Pour Jacques Ndarabu, la priorité est claire : éviter que la crise ne bascule dans une dynamique totalement incontrôlable, comme cela a été observé sur d’autres théâtres de guerre.


Il plaide pour un dialogue national inclusif, regroupant l’ensemble des forces politiques, sociales, communautaires et militaires, afin de “restabiliser le pays par la volonté interne, avant que les arbitrages extérieurs ne s’imposent”.


“Nous devons dépasser nos divergences pour sauver la nation. Rien n’est plus dangereux que l’absence de concertation dans un contexte de fragmentation territoriale”, conclut-il.


Le Tremplin




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