À un mois de l’élection décisive du 20 mai, la course à la présidence de la Fédération congolaise de football association (FECOFA) est officiellement lancée. Neuf candidats ont déposé leurs dossiers au terme d’une journée marathon, mardi 21 avril, au siège de l’instance sur l’avenue de la Justice à Kinshasa. Entre figures du sérail, anciennes gloires et profils technocratiques, le scrutin s’annonce ouvert. Mais un nom cristallise déjà toutes les attentions : Véron Mosengo Omba.
Mosengo, le favori qui assume son statut
Attendu jusqu’aux dernières heures, l’ancien secrétaire général de la CAF a finalement officialisé sa candidature peu avant 23 heures, confirmant un suspense savamment entretenu. Dans les milieux sportifs, son entrée en lice rebat les cartes.
Fort d’une expérience continentale reconnue, d’un carnet d’adresses solide et d’une maîtrise avérée des rouages institutionnels, Mosengo apparaît comme le candidat le plus structuré. Pour ses soutiens, il incarne une rupture crédible avec les turbulences qui secouent la FECOFA depuis le départ de Constant Omari en 2021.
Face aux critiques et aux tentatives de discrédit, son camp dénonce une campagne de diabolisation révélatrice d’un rapport de force déséquilibré. “La peur de l’affronter traduit son poids réel dans cette élection”, confient ses proches.
Un projet articulé autour de quatre piliers
Dès l’annonce de sa candidature, Véron Mosengo a posé les bases de son programme. Sa vision repose sur quatre principes clés : transparence, intégrité, responsabilité et redevabilité.
Parmi ses priorités :
Restaurer la crédibilité de la gouvernance du football congolais
Stabiliser les ligues, les clubs et les sélections nationales
Investir massivement dans la formation des jeunes à travers les 26 provinces
Renforcer les infrastructures en partenariat avec l’État
Il insiste également sur la nécessité de décentraliser le football : “Les 26 provinces regorgent de talents. Il faut leur donner les moyens d’exister.”
Une concurrence réelle, entre réseaux locaux et figures historiques
Si Mosengo part avec un avantage sur le plan institutionnel, la bataille s’annonce serrée face à des candidats bien implantés localement.
Bosco Mwehu, président de la Linafoot, mise sur son ancrage auprès des clubs et des ligues, malgré une image parfois controversée. Aziz Makukula, ancien international portugais d’origine congolaise, joue la carte de l’apport européen, tandis que Patrice Mangenda et Jean-Didier Masamba s’appuient sur leur connaissance interne du système.
Les anciens Léopards en ordre dispersé
Cette élection marque également une forte implication des anciennes gloires du football congolais. Shabani Nonda, candidat à la présidence, propose un programme axé sur le triptyque Développer, Renforcer, Réformer (D2R), avec un accent sur la formation et les infrastructures.
Jean-Claude Mukanya, autre ancien capitaine, défend quant à lui une approche centrée sur les droits et la structuration des joueurs.
Dans un registre différent, Dieumerci Mbokani s’invite dans la course en tant que candidat à une vice-présidence sur la liste Makukula, dessinant un duel symbolique à distance avec Nonda.
Une élection encore sous réserve
Malgré l’engouement, la liste des candidats pourrait évoluer. La Commission électorale doit encore statuer sur la conformité et l’éligibilité des dossiers déposés.
Une chose est certaine : après plusieurs années de crise et de gestion transitoire, la FECOFA s’apprête à tourner une page. Et dans cette recomposition annoncée, Véron Mosengo s’impose déjà comme l’homme à battre.
Le Tremplin