L’affaire fait grand bruit dans le microcosme du basket congolais. Écarté du championnat de Kinshasa, le club New Génération accuse la Fédération congolaise de basket-ball (FEBACO) de manipulation et de graves irrégularités financières dans l’organisation des éliminatoires de la Basketball Africa League (BAL) 2026.
Au cœur de la controverse : un différend autour des fonds engagés pour la participation des clubs congolais à cette compétition continentale. Documents financiers à l’appui, le club kinois évoque un décalage manifeste entre les montants avancés par la FEBACO et la réalité observée sur le terrain.
Selon les éléments consultés, plusieurs rubriques budgétaires suscitent de vives interrogations. C’est notamment le cas des frais de transport local. La fédération aura inscrit un montant de 4 800 dollars pour la location de quatre bus de 30 places pendant six jours, soit 800 dollars par jour. Or, d’après New Génération, un seul bus, appartenant à la Fédération congolaise de basket-ball sur fauteuil (FECOBAF), aurait été utilisé pour l’ensemble des délégations.
Autre incohérence relevée : la location supposée d’un minibus pour les officiels, chiffrée à 1 200 dollars, dont les détails ne correspondent pas aux montants réellement engagés. Le club dénonce également une surfacturation du gymnase de la Police nationale congolaise, loué selon la FEBACO pour huit jours à hauteur de 4 000 dollars, alors que la compétition n’aurait duré que trois jours, avec une occupation préalable limitée.
Pour New Génération, ces écarts traduisent une gestion peu transparente, voire une volonté délibérée de gonfler les coûts. Le club parle d’un “montage financier éloigné de la vérité”, pointant une opacité généralisée dans la gestion des fonds.
Organiser à domicile, un fardeau pour les clubs ?
Plus inquiétant encore, cette situation renverse la logique sportive : accueillir une compétition coûterait plus cher aux clubs que de se déplacer à l’étranger. New Génération affirme que chaque représentant congolais, y compris MAKOMENO et CNSS, aurait déboursé plus de 16 000 dollars pour cette campagne de la Road to BAL 2026.
Un montant jugé excessif au regard des standards de la FIBA, qui fixent les frais de participation à environ 60 dollars par jour et par membre de délégation lors des compétitions internationales. Le club souligne également l’absence de prise en charge de l’hébergement par la FEBACO, alourdissant davantage les charges.
Plus grave encore, New Génération affirme qu’aucune facture détaillée n’aurait été présentée ni aux clubs, ni aux autorités publiques impliquées dans la chaîne de dépenses, notamment les ministères des Sports, du Budget et des Finances.Silence du ministère : inquiétude grandissante
Face à cette situation, le club en appelle à l’arbitrage du ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu. Mais jusqu’à présent, aucune réaction officielle n’a été enregistrée, alimentant les inquiétudes.
Déjà, dans son édition du 10 avril, le trihebdomadaire Africa News évoquait “l’étranglement” du club, qui espérait une intervention rapide des autorités. Ce silence est perçu comme préoccupant par les concernés, alors que l’enjeu touche directement à l’encadrement de la jeunesse.
Pourtant, les textes réglementaires sont clairs. L’arrêté ministériel n°057 du 23 juin 2012, portant agrément de la FEBACO, rappelle le caractère éducatif et social de la fédération, ainsi que ses obligations. Il stipule notamment que toute entorse à ces principes peut entraîner le retrait de son agrément.
Dans ce contexte, la balle est désormais dans le camp des autorités publiques, appelées à faire toute la lumière sur cette affaire qui fragilise non seulement un club, mais aussi la crédibilité de la gestion du basket-ball en République démocratique du Congo.
Le Tremplin