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Sit-in de la C64 : la CENCO dénonce des morts, des blessés et un usage excessif de la force à Kinshasa

 

La Commission Justice et Paix Congo (JPC), structure de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), a publié son rapport de monitoring relatif au sit-in organisé le 12 juin dernier à Kinshasa par la Coalition Article 64 (C64). Le document fait état de violences ayant entraîné la mort d'au moins deux manifestants, plusieurs dizaines de blessés ainsi que de nombreuses interpellations.


Selon ce rapport signé par Mgr Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO, le sit-in s'est déroulé dans un climat de fortes tensions politiques autour du débat sur la révision ou le changement de la Constitution. La Coalition Article 64 accuse la majorité au pouvoir de vouloir modifier certaines dispositions constitutionnelles jugées intangibles, notamment celles protégées par l'article 220. Une accusation que rejette le camp présidentiel, qui justifie sa démarche par la nécessité d'adapter la Constitution aux réalités actuelles du pays.


Pour assurer le suivi de cette manifestation, Justice et Paix Congo a mobilisé quinze observateurs déployés autour du Palais du Peuple et sur plusieurs grandes artères de la capitale.


Le rapport révèle qu'à la veille de la manifestation, une réunion de concertation entre le gouvernement provincial et les organisateurs n'avait pas abouti à un accord. Les autorités avaient notamment proposé de déplacer le lieu du sit-in vers le terrain Assossa et de reporter l'activité à l'après-midi afin de ne pas perturber le déroulement du Test national de sortie du sous-primaire (TENASOSP). Ces propositions avaient été rejetées par les organisateurs.


Les observateurs rapportent également une forte présence des forces de sécurité dès les premières heures de la journée ainsi que celle d'éléments identifiés comme appartenant à la Force du progrès, structure de jeunesse associée à l'UDPS. Plusieurs contrôles et interpellations de passants auraient été enregistrés avant même le début du rassemblement.


D'après la CENCO, plusieurs sièges de partis politiques membres de l'opposition, notamment ceux de l'ECiDé, du FONUS et de l'Alliance pour le Changement, auraient été attaqués avant l'arrivée des manifestants aux abords du Palais du Peuple. Les affrontements qui ont suivi entre manifestants, forces de l'ordre et membres de la Force du progrès ont dégénéré en violences.


Le bilan avancé par Justice et Paix Congo fait état d'au moins deux morts, dont un manifestant tué par balle et un autre décédé après avoir été agressé lors de l'attaque du siège de l'ECiDé. Le rapport mentionne également plusieurs dizaines de blessés, principalement parmi les manifestants, ainsi que des arrestations et des cas présumés d'extorsion de biens.


La CENCO estime que les forces de sécurité ont fait un usage disproportionné de la force et s'inquiète du rôle joué par la Force du progrès, qualifiée dans ses recommandations de « milice partisane » opérant au grand jour.


Dans ses conclusions, Justice et Paix Congo rappelle que les libertés de réunion et de manifestation sont garanties par la Constitution de la République démocratique du Congo ainsi que par les instruments internationaux relatifs aux droits humains. L'organisation appelle les autorités à renforcer le cadre légal encadrant les manifestations publiques, à professionnaliser davantage la police et à diligenter une enquête indépendante afin d'établir les responsabilités dans les violences enregistrées.


La CENCO recommande également aux partis politiques et aux organisateurs de promouvoir la non-violence et de privilégier les mécanismes de dialogue en cas de différend avec les autorités.


Le rapport détaillé de ce monitoring doit être rendu public sur le site de Justice et Paix Congo.


   Le Tremplin

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