Il existe des serpents qui se cachent sous l'herbe des alliances politiques, mais aussi des félins qui affûtent leurs griffes dans l'ombre des loyautés affichées. Olivier Kamitatu en est la quintessence : ce virtuose de la versatilité, ce maître des girouettes politiques, vient de poignarder son propre mentor, Moïse Katumbi, avec une dextérité qui ferait pâlir Judas lui-même. Car c'est bien d'un acte de trahison consommée dont il s'agit : l'homme qui se présente comme le porte-parole fidèle de Katumbi n'est en réalité qu'un infiltré, une cinquième colonne qui chuchote avec les ennemis de son camp, tout en affichant une allégeance de façade.
-Le couteau planté dans le dos de Katumbi-
La manœuvre est diabolique et d'une perversité sadique. Dans une tribune publiée par Congo Intelligence et attribuée tout naturellement à Olivier Kamitatu lui-même, voilà que Moïse Katumbi se trouve accusé d'avoir « entretenu des contacts étroits avec le régime de Kinshasa » dans le but présumé de préserver ses biens au pays, par l'entremise de Bifort Biselele et Salomon Kalonda Della. Quelle cruauté ! C'est précisément celui qui devrait défendre son leader qui le poignarde publiquement, le présentant comme un dirigeant « affaibli », « incapable d'opposer une véritable résistance politique ».
Mais la vérité, celle que Kamitatu cherche désespérément à obscurcir, c'est que Katumbi demeure l'un des principaux leaders de l'opposition congolaise, toujours au premier plan du combat politique. Ce mensonge éhonté révèle la véritable nature de l'accusateur : un opportuniste qui, le jour, se proclame compagnon de route de Moïse Katumbi, et la nuit, traite en secret avec Kabila et les autres. Cette duplicité, cette schizophrénie politique, est le marqueur d'un homme qui a fait de la trahison son mode de vie.
-Une carrière bâtie sur le sable mouvant des alliances-
Retracer le parcours d'Olivier Kamitatu, c'est feuilleter un catalogue de reniements en série. Du perchoir de l'Assemblée nationale au statut de porteur de mallettes, l'homme incarne le prototype du vassal politique, de ces courtisans qui se vendent au plus offrant. Depuis la rébellion du MLC, il a toujours été ce caméléon politique, ce versatile de première catégorie qui change de couleur selon le vent dominant.
Son français ampoulé, digne d'un « troisième littéraire », ne suffit pas à masquer sa médiocrité intellectuelle. L’homme est véritablement médiocre . Un Congolais de très bas niveau. Pour ses propres intérêts, il a toujours été prêt à changer de casaque. Ses prestations médiatiques se résument à des « Djalelo » creux, loin du verbe d'un Sankara ou même d'un Mbonzo. Ce courtisan laudateur à la solde des artistes musiciens, ce « Mukala » politique, pouvait-il seulement prétendre même avec son ancien parti aligner ne fût-ce que 200 membres pour battre le pavé ? Seulement alimenter une rhétorique guerrière. Mais en pianotant son téléphone depuis le Portugal, la bouche pleine de frites, le caméléon pousse les enfants des autres à la guillotine. Le poltron veut que la C64 marche jusqu’au Palais de la Nation pour chasser Tshisekedi du pouvoir mais lui-même ne peut jamais le faire. Même par le passé, il ne l’a jamais fait. D’ailleurs, son
ascension politique est parsemée des combines politiques. Il attend le sang couler pour marchander les morts au profit de ses intérêts politiques égoïstes.
Fait important à signaler : Kamitatu a toujours livré à des tiers des informations confidentielles du parti ou même de son leader. La semaine passée, il a fuité un document important que la C64 devait remettre au président burundais jusqu’à mettre Fayulu hors de lui. À l’époque de Kabila, vendre toutes les stratégies au camp adverse, c’était son exercice préféré.
-La litanie des trahisons : de Bemba à Kabila-
Dans l’histoire politique, les blessures les plus profondes ne viennent pas toujours des adversaires déclarés. Elles surgissent parfois d’une main que l’on croyait fidèle, d’un compagnon de route devenu, aux yeux de ses anciens alliés, une source de méfiance. Comme dans la tragédie de Jules César de Shakespeare, où la trahison de Brutus frappe davantage par la proximité de celui qui porte le coup que par l’acte lui-même, les ruptures les plus douloureuses sont souvent celles qui naissent au cœur même du cercle des proches.
Olivier Kamitatu mériterait sans doute une médaille d'or en la matière.
Jean-Pierre Bemba, son ami d'enfance en a fait les frais. Kin Kiey Mulumba et Marie-Ange Mushobekwa, parmi tant d'autres, n'ont exprimé que dégoût et dédain face à ce comportement. « Vous avez témoigné à charge contre votre ami d'enfance qui vous avait tout donné. Il aurait pu mourir en prison et vous seriez co-responsable. Vous êtes juste un taureau sans corne », écrivit l'alors ministre des Droits humains dans un tweet cinglant.
Marie-Ange Mushobekwa ira plus loin, qualifiant Kamitatu d'homme « né après la honte », « ingrat », et affirmant n'avoir « aucune » leçon à recevoir d'un « homme versatile comme lui ».
Comme le rappelait Tacite dans ses récits sur le pouvoir romain, les périls les plus grands pour un dirigeant ne viennent pas toujours de ses ennemis visibles, mais souvent de ceux qui connaissent ses faiblesses parce qu’ils ont longtemps partagé son cercle.
Ou encore, dans l’esprit de La Rochefoucauld : « Les vertus se perdent dans l’intérêt comme les fleuves se perdent dans la mer». En politique, certaines fidélités peuvent parfois se dissoudre lorsque les ambitions personnelles prennent le dessus sur les engagements collectifs. La confiance accordée à un proche peut devenir la plus grande épreuve lorsqu’elle se heurte aux calculs du pouvoir.
Joseph Kabila Kabange l'apprendra aussi à ses dépens. Lui qui a pourtant tiré Olivier d'une vie de Gavroche, l'a sauvé par le gong des Concertations nationales, sera à son tour trahi.
-La tribune de l'opprobre : comment Kamitatu assassine Kalonda pour s'attirer la lumière-
L’article publié par Congo Intelligence attribué au vieux caméléon a jeté un pavé dans la mare au sein du parti Ensemble pour la République, des indignations légitimes, des colères contenues qui grondent dans les couloirs du parti. Sous le vernis trompeur d'une analyse politique, le texte s'apparente à un réquisitoire public, à un acte d'accusation en bonne et due forme, à un procès intenté devant l'opinion.
Dans le viseur, le seul à porter la croix se nomme Salomon Kalonda, l’homme qui a pourtant souffert, qui a connu les geôles du régime, qui a été puni dans sa chair par le pouvoir pour défendre son président, son candidat président, son mentor politique. L'enjeu véritable de cette cabale dénichée est d'imposer une ligne unique, une pensée unique, à l'approche du dialogue national et de l'ultimatum du 15 août fixé par la C64.
Pour plusieurs cadres du parti, qui affirment connaître le jeu et le joueur, les catégories de « modérés » et de « faucons » utilisées dans la tribune relèvent de la seule imagination délirante de son auteur, d'une fabrication mensongère, d'une construction artificielle destinée à servir un seul homme : le gourmand Olivier Kamitatu. Pour mieux remplir la marmite Katumbi, il veut tuer politiquement tout concurrent jugé encombrant et se réserver le « beau rôle », se draper dans l'habit étriqué du radical, se présenter comme le seul véritable oppositionniste, l'unique prophète de la rupture.
La méthode Kamitatu est connu : disqualifier. Personne n’a oublié l’épisode Charles Mwando quand celui-ci avait vu Mbata pour sécuriser le seul poste qui revenait à l’opposition parlementaire, mieux à son parti Ensemble pour la République. Le même Kamitatu, sans retenue, s’est déchargé sur Mwando. Un élu valeureux du parti alors que lui avait récolté le fiasco dans son fief électoral.
La tribune de Kamitatu construit sa démonstration venimeuse en trois temps pour disqualifier le conseiller spécial de Katumbi, l'assassiner politiquement et surtout le réduire à néant.
D'abord, la supposée naïveté. Salomon Kalonda est méchamment présenté comme l'incarnation des « illusions », le rêveur impénitent : il aurait « longtemps continué à croire qu'un canal restait possible avec Tshisekedi » via Fortunat Biselele, Dompierrot Sadiki ou l'entourage de Denise Nyakeru. Verdict sans appel : « Cela a discrédité l'aile du compromis ». Mais quelle hypocrisie nauséabonde ! Comment Kalonda, arrêté, emprisonné, torturé, puni dans sa chair par le pouvoir peut-il être jeté en pâture aujourd’hui ? Kalonda peut-il être présenté comme le modéré proche de ses bourreaux ? Quel esprit tordu peut soutenir une telle absurdité ? La dernière tribune de SK Della est une preuve de sa constance politique. Le stratège combat les idées mais descend dans aussi l’arène. La preuve, c’est la dernière marche qui lui avait coûté la prison. Où était Kamitatu ?
Ensuite, l'échec prétendu. L'auteur revient, avec une satisfaction mal dissimulée, sur sa défaite au Sénat : « battu », « floué ». Sa lettre à Tshisekedi contre le projet référendaire est qualifiée, avec un mépris confondant, « d'acte de désespoir ». Quelle mauvaise foi ! Quelle dérision ! Quelle insulte à la mémoire d'un homme qui a payé de sa personne ! C'est donc clair et cristallin : si Kalonda l'emportait au Sénat, Kamitatu n'hésiterait pas à crier à la trahison, à invoquer les complots, à mobiliser ses robots communicants. Il oublierait, comme par enchantement, son propre parcours intriguant : ex-bembiste, ex-kabiliste zélé, aujourd'hui opportunément niché dans la ceinture de Katumbi avec la diabolique ambition de noircir l'image de ceux dont la loyauté ne saurait être remise en question, de ceux qui ont souffert pour la cause, qui ont saigné pour le parti.
Enfin, la rupture recherchée. Le partage est binaire, simpliste, manichéen : « Kalonda symbolise le compromis blessé. Kamitatu et Diakiese incarnent la rupture ». Les « faucons » auraient donc gagné contre les « colombes ». Rendre public pareil procès, c'est commettre un assassinat politique en direct, devant témoins, avec une cold blood qui glace le sang. C'est aussi, soulignent plusieurs cadres d'Ensemble, une stratégie de la manipulation et de la perversité la plus abjecte.
« Comment Salomon Kalonda, arrêté, et même frôlant la mort car terrassé par la maladie en prison, peut-il être présenté comme le modéré proche de ses bourreaux ? Et comment Olivier Kamitatu, jamais inquiété, jamais tracassé, peut-il s'autoproclamer le plus radical ? », s'interroge un cadre Ensemble écœuré et scandalisé. « Ce sont des faux costumes cousus pour mieux éliminer un rival, des habits taillés sur mesure pour achever, des vêtements trempés dans le poison ».
Se donner le beau rôle à la veille du dialogue : une opération de communication cynique et calculée.
En cherchant à présenter Kalonda comme le « modéré », Kamitatu veut donc se présenter le seul capable de prêcher Katumbi la violence, la confrontation avec Tshisekedi, mais malheureusement c’est pour atteindre uniquement son objectif à savoir bien se positionner à l’heure de partages de postes. Pourtant, c’est loin de connaître Kalonda. L’homme n’est pas un pitoyable politicailleur comme Olivier Kamitatu qui a bourlingué depuis trois décennies à la recherche du lucre.
Pire, la tribune de Kamitatu va plus loin, dans la bassesse, dans l'ignominie : elle laisse entendre que Kalonda, présenté comme le « martyr » du parti après son arrestation et sa détention, serait en réalité un « infiltré » de Tshisekedi dans le cercle décisionnel d'Ensemble. Une insulte. Une accusation grave, sans preuve, mais qui tend à le délégitimer définitivement, à le discréditer politiquement, à le vitrifier pour s’attirer les faveurs de son leader.
Le timing ne trompe pas, il est d'une précision chirurgicale : la publication intervient à la veille de l'ouverture d'un dialogue national évoqué par la présidence. « C'est une manière de choisir qui irait parler au nom du parti », analyse un cadre d'Ensemble. En créant une fausse aile du compromis et en en détricotant le meneur désigné, l'auteur s'assure que seuls ceux présentés par lui comme les tenants de la rupture seront mandatés pour représenter Katumbi à la table, ou pour justifier son boycott avec une légitimité autoproclamée. Mais Kamitatu a la mémoire courte. N’est-ce pas lui qui refusait le dialogue s’accrochant à Kabila dans le schéma de renverser le pouvoir constitutionnel par les armes. Pourquoi ce rétropédalage ? Pourquoi ce revirement éhonté ?. La réponse est connue : la boulimie. L’homme veut jouer les premiers rôles pour tout prendre plus que même son boss.
-Enfermer Katumbi dans la seule option du rapport de force-
En disqualifiant publiquement Kalonda, la tribune ferme une porte stratégique, coupe un pont, sabote un canal, détruit un atout. Or, c'est précisément au moment où certaines figures d'Ensemble poussent la C64 à brandir la menace de la rue, à envisager la confrontation, à préparer la bataille. « Tshisekedi ne reculera que devant un coût politique suffisamment élevé », prédit Kamitatu, heureux, de crier depuis l’Europe. Un faux exilé qui n’a jamais été ni menacé ni convoqué par la Justice.
Le piège pour Moïse Katumbi est donc insidieux et diabolique, pervers. En interne : son parti se retrouve amputé de sa capacité à négocier, et dépendant des seuls tenants de la rupture, des seuls va-t-en-guerre, des seuls bellicistes. En externe : il perd son principal relais auprès des Églises et des chancelleries, au moment où ces acteurs entrent dans le jeu, où ces canaux sont indispensables, où la diplomatie pourrait sauver ce que la confrontation détruira.
Dans les milieux politiques kinois, on a aussi l'impression que les « prétendus faucons » veulent se valoriser en prévision de ce dialogue, se draper dans des habits de radicalisme imaginaire, se construire une légitimité de papier. « C'est une prise de contrôle par voie de presse. Qui écrit l'histoire du parti aujourd'hui, parlera en son nom demain », résume un cadre, lucide, amer.
-Le risque pour Katumbi : un suicide politique programmé-
La force d'Ensemble a toujours été sa pluralité, sa diversité, sa richesse.
La démarche de Kamitatu est donc claire et nuisible, malfaisante et destructrice, perverse et suicidaire : écarter les autres et priver Katumbi de ses meilleurs éléments à quelques semaines du dialogue, à l'approche d'un moment décisif, à l'orée d'un tournant historique. En cherchant à « tuer Kalonda » sur la place publique, il ne renforce pas Ensemble. Il l'ampute, le mutile, le saigne, le vide de son sang. Il ne sert pas la ligne de M. Katumbi. Il l'enferme, la piège, la sabote, la détruit.
À l'heure où le parti a besoin de toutes ses cartes pour peser, de tous ses atouts pour négocier, de toutes ses forces pour combattre, cette opération vise un seul but : « confisquer la parole au nom de Katumbi et s'assurer que, demain, il n'y aura qu'une seule voix autorisée à parler : la sienne ». Une confiscation du pouvoir, un hold-up politique, une prise d'otage, un braquage en plein jour.
-Le Livre des Proverbes et la femme adultère : le portrait biblique d'un traître impénitent-
D'aucuns diraient que l'intéressé aurait l'ADN de cette femme adultère dont parle le Livre des Proverbes (30, 20) : « Elle mange et s'essuie la bouche… et se convainc : je n'ai point fait du mal ». Cette description biblique épouse parfaitement le profil d'Olivier Kamitatu : un homme capable de trahir, de renier, d'ignorer aussi aisément que boire de l'eau, tout en se persuadant de sa propre rectitude morale, de sa propre innocence, de sa propre sainteté.
Comme le dit si bien un adage du Bandundu : « Qui a trahi, trahira encore et toujours ». Olivier Kamitatu, pourtant très proche collaborateur de Moïse Katumbi, mange aujourd’hui avec Kabila. Kamitatu milite pour que le Rwanda, via sa rébellion, lui rétribue après le dialogue.
-un Judas moderne, un caméléon sans honte, un sadique politique-
Olivier Kamitatu est le prototype de Judas moderne, un caméléon qui change de couleur selon le vent, un sadique politique qui prend plaisir à poignarder ceux qui lui font confiance. Il est des faisceaux d'indices que personne ne peut se tromper d’une taupe. Elle creuse des galeries dans les fondations du parti, un virus qui détruit l'organisme de l'intérieur pour élargir son espace de règne.
Voilà le portrait d'un homme qui, de Jean-Pierre Bemba à Joseph Kabila, et maintenant Moïse Katumbi, n'a cessé de trahir tous ceux qui lui ont fait confiance, qui l'ont accueilli, qui l'ont propulsé, qui l'ont élevé. Un caméléon politique, un versatile de première catégorie, un félin qui affûte ses griffes dans l'ombre. La trahison est son ADN, la duplicité sa marque de fabrique, l'opportunisme son mode de vie, la lâcheté son sceau, la honte son absence.
Comme le dit un autre proverbe congolais : « Le rat qui trahit sa souris finit par trahir son propre nid ». Olivier Kamitatu en est la preuve vivante, la démonstration éclatante, l'illustration parfaite, l'incarnation monstrueuse. Que ceux qui ont des oreilles entendent, que ceux qui ont des yeux voient, que ceux qui ont un cerveau comprennent : cet homme est un danger public, un poison politique, un cancer pour l'opposition congolaise. Il faut le dénoncer, avant qu'il ne soit tard.
Albert Kasongo Senginiki
