Huit médailles de bronze, aucune médaille d’or ni d’argent et une 12ᵉ place au classement continental. Pour Me Freddy L’A Kombo, président de la FEKACO, le bilan de la RDC aux Championnats d’Afrique de karaté d’Alger 2026 doit ouvrir un véritable débat sur la stratégie de performance du karaté congolais.
Dans une tribune consacrée au bilan de la participation congolaise à Alger, Me Freddy L’A Kombo estime que les huit médailles de bronze obtenues constituent un acquis, mais qu’elles ne doivent pas empêcher une analyse approfondie des résultats.
"Le problème n’est pas le bronze. Le problème est l’absence de progression attendue", écrit-il, appelant à examiner les conditions ayant entouré la préparation de la sélection nationale.
La RDC a décroché huit médailles de bronze, dont six en individuel et deux par équipes. La sélection masculine senior de kata a également obtenu une qualification pour la Coupe du monde, un résultat que le dirigeant reconnaît comme un acquis important.
Mais Me Freddy L’A Kombo établit un parallèle avec les Championnats d’Afrique de Durban 2022, où la RDC avait également remporté huit médailles, dont trois en argent et cinq en bronze, pour une 7ᵉ place continentale. Pour lui, cette comparaison justifie un examen des performances, notamment du nombre de finales disputées, du niveau des adversaires, de la préparation et de l’encadrement technique.
Gouvernance et encadrement technique au cœur du débat
Dans sa tribune, Me Freddy L’A Kombo soulève également la question de la séparation des responsabilités au sein de la sélection nationale.
Selon lui, la gouvernance fédérale et la direction technique doivent avoir des rôles clairement définis. Les dirigeants doivent assurer l’orientation stratégique et l’administration, tandis que les techniciens doivent disposer de l’autonomie nécessaire pour préparer les athlètes, définir les méthodes de travail et élaborer les plans de combat.
Il évoque des "témoignages" faisant état d’interventions de responsables fédéraux dans le travail du staff technique lors de la préparation d’Alger. Il demande que ces éléments soient établis et examinés dans le cadre d’un bilan, s’ils sont confirmés.
Capitaliser sur les acquis
Me Freddy L’A Kombo défend également la stratégie de stages et d’ouverture internationale mise en œuvre sous sa présidence, notamment avec le recours à des techniciens étrangers et le développement de coopérations internationales.
Il cite notamment la collaboration engagée avec la Fédération espagnole de karaté et estime que les changements de dirigeants ne devraient pas entraîner l’abandon des acquis construits au fil des années.
Dans cette logique, il invite les responsables actuels à tirer les enseignements de l’expérience passée et à renforcer les stages, les confrontations internationales et l’accompagnement des athlètes de haut niveau.
"Le véritable débat est celui de la compétence"
La première médaille d’or historique de la RDC aux Championnats d’Afrique, remportée par Nathan Kaniki, constitue également, selon lui, une référence dont il faut analyser les conditions de réussite.
L’objectif, explique-t-il, doit être de comprendre les mécanismes ayant permis cette performance afin de construire un système durable de haute performance.
Me Freddy L’A Kombo appelle ainsi à un audit sportif portant notamment sur les éliminations, les catégories engagées, les résultats des combats, la préparation physique, technique, tactique et mentale, l’encadrement ainsi que les conditions de préparation avant Alger. Il insiste surtout sur la nécessité d’identifier les méthodes à conserver, celles à corriger et celles à abandonner.
"L’objectif, c’est la RDC"
Au-delà des divergences entre responsables, la tribune appelle à replacer la performance des athlètes au centre des priorités.
Le Congo n’a pas besoin de savoir qui a gagné la bataille politique. Il a besoin de gagner les combats sportifs , écrit Me Freddy L’A Kombo.
Pour lui, les querelles de personnes ne doivent pas prendre le dessus sur l’intérêt du karaté congolais. Il plaide pour une gouvernance capable de mobiliser toutes les compétences disponibles au service de la performance nationale.
Alger doit ainsi, selon Me Freddy L’A Kombo, servir de point de départ à une réflexion sur l’avenir du karaté congolais. Les huit médailles de bronze et la qualification mondiale constituent des acquis, mais l’absence de médaille d’or et d’argent pose, à ses yeux, la question de l’efficacité de la stratégie actuelle de haute performance.
"Les hommes passent. Les mandats passent. Les querelles passent. Le drapeau, lui, reste", conclut-il.
Le Tremplin
