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UDPS-Union sacrée : quand les querelles internes menacent l’essentiel

 
La scène politique congolaise offre parfois le spectacle déroutant de ses propres contradictions. La récente sortie d’Augustin Kabuya, appelant les mandataires de l’UDPS à ne verser « aucun rond » à André Mbata, n’est pas qu’un simple accrochage entre deux cadres. Elle révèle une fracture plus profonde au sein même de la majorité au pouvoir.


Car derrière cette passe d’armes, c’est une question de légitimité et de contrôle qui se joue. D’un côté, le secrétaire général et président intérimaire de l’UDPS, soucieux d’affirmer son autorité sur l’appareil du parti. De l’autre, le secrétaire permanent de l’Union sacrée, structure censée fédérer les forces de la coalition. Le paradoxe est saisissant : deux figures issues d’un même parti qui s’opposent au nom de deux entités pourtant appelées à travailler en symbiose.


L’épisode du Sankuru, avec l’alignement de deux candidats gouverneurs issus de la même majorité, illustre cette désarticulation. La victoire de l’un, suivie d’un triomphalisme jugé provocateur sur les réseaux sociaux, a ravivé des tensions déjà latentes. Mais au-delà des egos et des rivalités personnelles, c’est la cohérence de l’action politique qui en pâtit.


Le phénomène n’est pas isolé. Au Grand-Katanga, les tiraillements entre le gouverneur Jacques Kyabula, rappelé à Kinshasa, et son vice Martin Kazembe, aujourd’hui aux commandes de la province, traduisent une autre facette de ces luttes d’influence. Là encore, des parrains politiques se dessinent en coulisses, laissant apparaître des lignes de fracture au sein de l’UDPS elle-même, entre Augustin Kabuya et Jacquemin Shabani.


Ces conflits internes, longtemps contenus, tendent désormais à s’exposer au grand jour. Et avec eux, un risque réel : celui d’éroder l’image d’une majorité censée incarner la stabilité et la cohésion autour du Chef de l’État.


Car au fond, la question dépasse les individus. Elle interpelle la gouvernance même de la coalition. L’Union sacrée peut-elle continuer à fonctionner efficacement si ses principaux animateurs se livrent à des batailles d’influence publiques ? L’UDPS, pilier de cette coalition, peut-elle préserver son unité face à des rivalités aussi ouvertes ?


Dans ce contexte, le silence ou la retenue prolongée de l’arbitre suprême finit par susciter des interrogations. En sa qualité d’autorité morale de l’UDPS et de l’Union sacrée, le Chef de l’État se trouve face à une responsabilité délicate mais incontournable : celle de restaurer la discipline, clarifier les rôles et, si nécessaire, trancher.


Il ne s’agit pas seulement de mettre fin à des querelles internes, mais de préserver l’essentiel : la crédibilité de l’action publique et la stabilité politique. Car à force de régler leurs différends sur la place publique, les acteurs de la majorité prennent le risque de fragiliser davantage une architecture politique déjà soumise à de nombreuses pressions.


La politique, dit-on, est l’art de gérer les contradictions. Encore faut-il qu’elles ne deviennent pas un facteur de paralysie. Aujourd’hui, plus que jamais, l’Union sacrée et l’UDPS sont appelées à choisir entre la dispersion des ambitions individuelles et la consolidation d’un projet collectif. Le temps de la clarification semble arrivé.



Le Tremplin


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