La cour d’appel de Liège, en Belgique, a condamné mardi Julienne Mpemba, juriste d’origine congolaise âgée de 48 ans, à 14 ans de prison ferme et à une amende de 8 000 euros. Elle a été reconnue coupable d’enlèvement, prise d’otages, trafic d’êtres humains, escroquerie et faux en écriture dans un vaste réseau d’adoptions frauduleuses entre la République démocratique du Congo et la Belgique.
La justice belge a également ordonné son arrestation immédiate, aggravant la peine de dix ans de prison prononcée en première instance.
Des enfants présentés comme orphelins
Au cœur de l’affaire, une douzaine d’enfants congolais âgés de deux à cinq ans au moment des faits. Présentés comme orphelins en 2015, ils avaient en réalité été séparés de leurs familles biologiques en RDC avant d’être proposés à l’adoption en Belgique.
Selon l’enquête, Julienne Mpemba dirigeait un orphelinat à Kinshasa qui servait de point de transit. Les enfants recevaient de fausses identités et de nouveaux actes d’état civil afin de faciliter leur transfert à l’étranger.
Un système lucratif
L’organisation reposait aussi sur un mécanisme financier bien établi. Les familles adoptives étaient amenées à verser des sommes supplémentaires avant la remise des enfants.
Dans un courriel datant de 2013 adressé à un ancien ministre de l’Intérieur de la RDC, la condamnée évoquait des projections financières importantes : près de 480 000 dollars attendus pour 80 adoptions, avec un bénéfice estimé à environ 300 000 euros.
L’avenir juridique des enfants incertain
Cette affaire laisse toutefois une question majeure en suspens. Les juridictions belges ont reconnu que plusieurs documents ayant permis la naturalisation des enfants étaient falsifiés. Une situation qui pourrait, à terme, fragiliser leur statut juridique, alors qu’ils vivent en Belgique depuis près d’une décennie et sont intégrés dans leurs familles adoptives.
Le Tremplin