Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a suspendu à titre conservatoire le Directeur Général de l’Office Congolais de Contrôle (OCC), Étienne Tshimanga Mutombo, pour "fautes lourdes de gestion", selon un communiqué de la Cellule de communication et presse du ministère.
Au lendemain de cette décision, le DG suspendu est également visé par un mandat d’amener émis ce mardi, marquant un durcissement de la procédure engagée contre lui.
D’après la communication officielle, les griefs portent notamment sur l’installation d’un système informatique parallèle de contrôle des importations et des exportations, ayant facilité l’usage frauduleux de fausses Attestations de Vérification (AV). Cette situation aurait entraîné un manque à gagner important pour l’État, évalué à des milliers de dollars américains. S’y ajoutent une gestion jugée chaotique des ressources humaines et financières, ainsi que des faits d’insubordination.
L’arrêté ministériel signé le lundi 16 février 2026 vise à "sauver du naufrage" cet organisme public à caractère scientifique et technique. Durant la période de suspension, l’intérim du Directeur Général est assuré par la Directrice Générale Adjointe, Christellle Mwabulu.
Le ministère annonce également l’ouverture de mesures administratives et extra-administratives visant le DG suspendu ainsi que les agents ou cadres de l’OCC présumés complices. Une commission de redressement de l’Office Congolais de Contrôle est instituée ; sa composition et ses missions spécifiques seront fixées par un autre arrêté ministériel.
Selon l’Autorité de tutelle, les explications fournies par Étienne Tshimanga Mutombo n’ont pas convaincu, alors qu’une action disciplinaire avait déjà été engagée à son encontre.
Une décision dans la continuité des alertes publiques
Cette suspension intervient dans un contexte où la gouvernance de l’OCC faisait l’objet d’interrogations récurrentes. Le Tremplin avait déjà consacré plusieurs articles aux controverses entourant la gestion de l’établissement et aux préoccupations liées aux mécanismes de contrôle des flux commerciaux. La décision du ministre apparaît ainsi comme l’aboutissement d’un processus de suivi engagé par la tutelle.
Avec la mise en place annoncée d’une commission de redressement et l’évolution de la procédure judiciaire, l’OCC entre dans une phase déterminante axée sur la restauration de la transparence administrative et la sécurisation des recettes publiques.
Le Tremplin