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Kongo Central : quand l’État abandonne ses propres agents

 

Il existe des injustices qui ne surgissent pas brutalement, mais qui s’installent lentement, presque insidieusement, jusqu’à devenir une routine administrative. Le sort réservé aux agents de l’Inspection du travail du Kongo Central, en général, et à ceux du territoire de Muanda, en particulier, relève de cette catégorie d’abandons silencieux.


Depuis huit mois, ces agents publics sont privés de leur salaire. Huit longs mois au cours desquels le ministère de tutelle s’est contenté d’aligner des annonces sans lendemain, multipliant des promesses qui, à force de ne jamais se concrétiser, ont fini par perdre toute substance. À Muanda, ces engagements non tenus sont désormais perçus comme de simples artifices de communication, loin des réalités vécues sur le terrain.


Car derrière cette situation administrative se cache une crise humaine profonde. Les agents concernés ne sont pas de simples matricules. Ce sont des pères, des mères, des soutiens de famille, aujourd’hui confrontés à une précarité grandissante. Comment assurer la scolarité des enfants, faire face aux dépenses de santé ou simplement garantir le minimum vital, lorsque le salaire, seul revenu pour beaucoup, se fait attendre indéfiniment ?


Le paradoxe est saisissant. Les inspecteurs du travail ont pour mission de veiller au respect des droits des travailleurs, de lutter contre les abus et de promouvoir la justice sociale. Pourtant, ils sont eux-mêmes victimes d’un traitement qui viole les principes fondamentaux du droit du travail. Cette contradiction fragilise non seulement leur dignité professionnelle, mais aussi la crédibilité de l’action publique qu’ils sont censés incarner.


Dans le territoire de Muanda, le malaise est palpable. L’inquiétude se mêle à l’amertume, tandis que le silence prolongé des autorités de tutelle alimente un sentiment d’abandon. L’absence de communication claire, de calendrier précis et de mesures concrètes pose une question essentielle : jusqu’à quand cette situation perdurera-t-elle ?


Au-delà des arriérés de salaire, c’est la responsabilité de l’État qui est engagée. Un État qui ne respecte pas ses engagements envers ses propres agents compromet la confiance, fragilise l’administration et banalise la souffrance sociale. Gouverner ne peut se résumer à promettre ; gouverner, c’est agir.


Aujourd’hui, les agents de l’Inspection du travail du Kongo Central n’attendent plus des paroles, mais des actes. Leur combat n’est pas excessif, il est légitime. Il appelle une réponse urgente, claire et responsable, car la dignité du travailleur ne saurait être négociable.


D.M

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