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Congolais en Angola : vingt ans de calvaire dans l’indifférence des autorités

 

Depuis plus de deux décennies, les Congolais vivant en Angola, qu’ils soient en situation régulière ou non, endurent un calvaire silencieux, fait d’arrestations arbitraires, d’agressions multiformes, de confiscations illégales de biens et, dans certains cas, de tortures inqualifiables. Une tragédie humaine persistante, banalisée, presque normalisée, qui interroge autant qu’elle indigne.


Chaque jour ou presque, des hommes, des femmes, parfois des enfants, sont interpellés sans mandat, brutalisés sans raison, dépouillés de leurs biens durement acquis. Les témoignages concordent : violences physiques, humiliations, extorsions, détentions arbitraires dans des conditions inhumaines. À ces abus s’ajoutent des morts régulières, souvent non documentées, rarement expliquées, jamais véritablement revendiquées par ceux qui devraient protéger.


Comment expliquer qu’un tel cycle de violences puisse perdurer aussi longtemps sans provoquer une réaction ferme et structurée des autorités congolaises ? Le silence de l’État congolais, au fil des années, est devenu assourdissant. Pire encore, il apparaît comme une forme de complicité passive, une abdication diplomatique face à la souffrance de ses propres ressortissants.


Pendant ce temps, un contraste frappant s’impose. Les ressortissants angolais, eux, circulent librement en République démocratique du Congo. Ils entrent, s’installent, commercent, travaillent et repartent sans être inquiétés, sans subir les abus systématiques que dénoncent les Congolais en Angola. Cette asymétrie de traitement pose une question fondamentale : où est la réciprocité ? Où est la dignité nationale ?


Faut-il rappeler que la protection des citoyens à l’étranger constitue l’un des fondements de la souveraineté d’un État ? Faut-il encore expliquer que l’absence de protestation officielle, de négociations sérieuses, de mécanismes de suivi et de sanctions diplomatiques encourage la répétition des abus ? Le temps n’est-il pas venu de rompre avec cette politique du mutisme ?


L’avenir, s’il veut être différent, impose des choix courageux. Il appelle à une diplomatie proactive, à la mise en place de cadres bilatéraux clairs sur la migration et la protection des personnes, à une mobilisation des organisations internationales et régionales. Il exige surtout que la vie d’un Congolais, où qu’il se trouve, ait un poids politique, moral et symbolique.


Car un peuple qui meurt dans l’ombre, sans voix pour le défendre, finit par disparaître deux fois : physiquement et dans la conscience collective. Et l’Histoire, elle, ne pardonne jamais longtemps l’indifférence.


D.M

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