La Fédération de Karaté-do du Congo (FEKACO) est aujourd’hui le théâtre d’une crise institutionnelle dont la responsabilité incombe clairement au camp conduit par le Secrétaire Général, Alain-Pamphile Mbaka. En moins de vingt-quatre heures, ce dernier a signé deux correspondances officielles radicalement contradictoires, exposant au grand jour une gouvernance approximative, marquée par l’improvisation, la peur et des manœuvres mal assumées contre le Président élu, Freddy L’A Kombo.
Une convocation qui reconnaît un droit… aussitôt nié
Dans une lettre datée du 19 décembre 2025, Alain-Pamphile Mbaka invite formellement Freddy L’A Kombo, Président du Bureau Exécutif suspendu, à prendre part à la Réunion du Comité Fédéral préparatoire à l’Assemblée Générale Ordinaire du 22 décembre 2025 à Kinshasa.
Ce document reconnaît sans ambiguïté le droit de défense du Président, appelé à répondre à plusieurs griefs. Il est même précisé que le Comité Fédéral décidera, à l’issue de cette réunion, de sa participation ou non à l’Assemblée Générale. Autrement dit, au 19 décembre, aucune décision définitive n’est encore prise et la procédure est censée rester contradictoire.
Un communiqué autoritaire qui trahit la panique
À peine vingt-quatre heures plus tard, changement brutal de cap. Dans un communiqué officiel daté du 20 décembre 2025, le même Mbaka adopte un ton autoritaire et menaçant, déclarant Freddy L’A Kombo suspendu jusqu’à l’Assemblée Générale et interdisant toute interaction avec lui.
Dirigeants, ligues et athlètes sont sommés de ne répondre à aucune initiative du Président suspendu, sous peine de sanctions. Cette posture ne relève plus de l’administration sportive, mais d’une tentative d’intimidation collective, révélatrice d’un camp qui redoute manifestement le verdict de la base.
Une incohérence qui disqualifie le camp Mbaka
Comment expliquer qu’un même signataire : convoque un dirigeant pour se défendre,puis criminalise toute relation avec lui avant même l’examen de son dossier ? Cette contradiction ne peut être attribuée à une simple erreur. Elle traduit une stratégie confuse, où le camp Mbaka oscille entre façade procédurale et passage en force, au mépris des statuts et des principes élémentaires de gouvernance sportive. En agissant ainsi, le Secrétaire Général s’auto-disqualifie comme garant de la régularité administrative et expose la FEKACO à de nouvelles contestations, y compris judiciaires.
Un camp sans base, sans moyens et sans résultats
Selon les informations recueillies par Le Tremplin, cette agitation frénétique a une cause précise : le camp Mbaka ne contrôle aucune réalité du terrain. La preuve la plus éclatante reste l’échec retentissant de la FEKACO lors des Jeux africains de la jeunesse en Angola, où aucun athlète congolais n’a été aligné, faute de qualité et surtout de moyens financiers. Une humiliation sportive qui révèle l’incapacité de ce groupe à gérer la fédération sans Freddy L’A Kombo.
Plus grave encore pour les frondeurs, la quasi-totalité des ligues provinciales, qui constituent l’ossature du Bureau fédéral et la majorité souveraine de l’Assemblée Générale, restent fermement loyales à Freddy L’A Kombo. Un soutien forgé par un leadership reconnu, ayant redonné au karaté congolais crédibilité, visibilité et respect depuis son arrivée à la tête de la FEKACO.
Des manœuvres vouées à l’échec
Face à ce rapport de force défavorable, le camp Mbaka semble avoir choisi la fuite en avant : communiqués dissuasifs, menaces de sanctions et confusion volontaire des statuts. Mais ces manœuvres peinent à masquer une réalité implacable : le pouvoir réel appartient à l’Assemblée Générale, et non à des communiqués administratifs rédigés dans la précipitation.
À la veille du 22 décembre 2025, la FEKACO n’est donc pas confrontée à un simple différend disciplinaire, mais à une tentative mal maîtrisée de neutralisation politique d’un Président encore largement soutenu.
L’Assemblée Générale Ordinaire s’annonce ainsi comme un désaveu potentiel du camp Mbaka, et un moment de vérité pour une fédération qui devra choisir entre l’arbitraire administratif et le respect de la légitimité statutaire.
Charles Masudi