La création du Front pour la refondation de la nation (FRN), annoncé par Joseph Kabila, divise les acteurs de son ancienne famille politique. Alors que plusieurs personnalités se désolidarisent de cette nouvelle orientation, d’autres lui apportent ouvertement leur soutien.
Les réactions se multiplient après l’annonce de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), mouvement politico-militaire associé à l’ancien président de la République, Joseph Kabila. Au sein de son ancienne famille politique, les positions divergent entre ceux qui rejettent l’option militaire et ceux qui soutiennent la nouvelle orientation de leur leader.
Parmi les personnalités qui affichent leur soutien figure François Nzekuye Kaburabuza, ancien président du groupe parlementaire du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) à l’Assemblée nationale.
Dans une publication sur son compte X, l’ancien député national élu de Rutshuru, au Nord-Kivu, a repris une déclaration de Joseph Kabila datant de 2025, dans laquelle ce dernier affirmait rester fidèle à son serment militaire de défendre la patrie. "Le voilà en action", a commenté François Nzekuye dans un message publié depuis Goma.
Cette déclaration traduit un soutien à la nouvelle posture de l’ancien chef de l’État, sans préciser explicitement la nature de l’engagement que l’ancien élu entend apporter au FRN.
Félix Kabange Numbi assume également son choix. L’ancien ministre de la Santé a annoncé publiquement son soutien à Joseph Kabila et au nouveau mouvement.
Face à une nation en péril, s’abstenir serait la pire des décisions. J’ai choisi d’accompagner le Président Joseph Kabila et de soutenir le FRN. J’assume ce choix , a-t-il écrit sur X.
À l’inverse, d’autres personnalités proches de l’ancien président ont choisi de prendre leurs distances avec toute orientation militaire. C’est notamment le cas de Marie-Ange Mushobekwa, d’India Omari et de Patrick Nkanga Bekonda, qui a annoncé son départ du PPRD.
Plus récemment, le professeur Théophile Mbemba a également rejoint les voix qui se désolidarisent de Joseph Kabila. L’Alliance pour l’Alternance et le Progrès (AAP), pour sa part, a annoncé son retrait du mouvement "Sauvons la RDC", estimant que son leadership a opté pour la voie militaire, contrairement à ses convictions politiques et républicaines.
L’AAP réaffirme ainsi son opposition au pouvoir de Félix Tshisekedi, tout en privilégiant exclusivement les voies politiques, démocratiques et pacifiques. Le parti plaide également pour un dialogue national inclusif sous la médiation de la CENCO et de l’ECC.
Ces prises de position illustrent les divergences qui traversent les rangs des anciens soutiens de Joseph Kabila. Entre adhésion au FRN et refus de l’option militaire, les acteurs concernés dessinent des trajectoires politiques différentes, malgré leur opposition commune, pour certains, au pouvoir en place.
Le Tremplin
