La diplomatie africaine se mobilise de nouveau autour de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Le panel des facilitateurs désignés par l’Union africaine (UA) est arrivé à Kinshasa ce jeudi 8 octobre, avec pour enjeu d’évaluer les engagements congolais dans le processus de paix et d’examiner les perspectives d’une sortie de crise.
Selon la Cellule de communication de la Présidence de la République, la délégation comprend quatre personnalités africaines de premier plan : Uhuru Kenyatta, ancien président du Kenya, Mokgweetsi Masisi, ancien président du Botswana, Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie, ainsi que Catherine Samba-Panza, ancienne présidente de la République centrafricaine, arrivée dans la capitale congolaise la veille.
Cette visite intervient alors que la question sécuritaire dans l’Est demeure l’un des principaux défis auxquels sont confrontées les autorités congolaises. Pour Kinshasa, l’enjeu est de faire valoir les efforts entrepris en faveur de la paix, tout en maintenant la pression diplomatique pour parvenir à une solution durable à un conflit qui continue de fragiliser plusieurs territoires du pays.
Kinshasa veut faire valoir ses engagements
Le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo doit recevoir les facilitateurs pour des échanges consacrés aux engagements de la RDC dans le processus de paix.
D’après la Présidence, le chef de l’État entend présenter les avancées enregistrées ainsi que les « actes de bonne foi » posés par le gouvernement pour favoriser le retour de la paix dans l’Est du pays.
Cette rencontre constitue une occasion pour les autorités congolaises de défendre leur démarche diplomatique auprès des représentants de l’Union africaine. Elle devrait également permettre de faire le point sur les efforts engagés et sur les conditions nécessaires à la consolidation du processus de paix.
Pour Kinshasa, la priorité reste de parvenir à une paix effective dans les provinces affectées par les violences armées. Au-delà des engagements politiques et des initiatives diplomatiques, les populations attendent surtout une amélioration concrète de leur situation sécuritaire, la fin des déplacements forcés et la possibilité de retrouver une vie normale.
L’efficacité de la médiation attendue sur le terrain
La présence de ces anciens dirigeants africains à Kinshasa témoigne de la volonté de l’Union africaine de maintenir son implication dans la recherche d’une solution à la crise congolaise.
Toutefois, l’efficacité de cette démarche se mesurera à sa capacité à contribuer à des avancées concrètes. Pour la RDC, l’enjeu ne se limite pas à multiplier les rencontres diplomatiques : il s’agit de transformer les engagements politiques en résultats susceptibles de mettre fin aux violences et de restaurer durablement la sécurité dans l’Est.
Les échanges entre Félix Tshisekedi et les facilitateurs sont donc particulièrement attendus. Ils devront permettre de clarifier l’état d’avancement du processus de paix et les perspectives de la médiation africaine dans une région où les initiatives diplomatiques restent confrontées à la persistance de l'insécurité.
Pour les autorités congolaises, le défi est désormais de faire en sorte que les efforts diplomatiques débouchent sur une paix tangible, attendue depuis trop longtemps par les populations de l’Est.
Le Tremplin
