Réagissant au communiqué signé par Jacques Ndjoli, questeur de l’Assemblée nationale, invitant les députés nationaux à transmettre les photos, vidéos et coûts de leurs réalisations dans leurs circonscriptions, Dominique Munongo estime qu'une telle démarche pourrait entretenir une confusion sur les missions constitutionnelles des élus et les responsabilités de l'État.
Cette initiative a suscité des réactions au sein de l’hémicycle. Selon un audio ayant fuité, Aimé Boji, membre du bureau de l’Assemblée nationale, a présenté ses excuses aux députés qui l’avaient mal prise, les invitant à attendre les explications du président du bureau lors de la plénière qui a suivi ce mea culpa, notamment pour ceux qui l’avaient mal comprise.
"Ces actes ne constituent pas des réalisations parlementaires et ne devraient pas être présentés comme telles", soutient-elle, évoquant les nombreuses sollicitations auxquelles les élus sont confrontés au quotidien : frais scolaires ou médicaux, assistance aux familles endeuillées, soutien aux établissements scolaires ou encore prise en charge de diverses urgences sociales.
"Nous ne sommes pas l’Exécutif"
Pour la députée de Lubudi, le fait que des parlementaires soient amenés à financer personnellement des écoles, des soins ou d'autres besoins essentiels doit surtout interpeller sur la capacité de l'État à remplir ses missions.
Elle rappelle ainsi que le rôle du député consiste notamment à contrôler l'action gouvernementale, à porter la voix des citoyens et à veiller à ce que les ressources publiques soient effectivement consacrées aux besoins de la population.
Une position qui traduit une conception exigeante du mandat parlementaire, portée depuis plusieurs années par la Princesse de Bayeke, connue pour son dynamisme et son engagement dans les questions liées aux droits humains et à la défense des intérêts des communautés.
Une députée qui revendique son indépendance
Dominique Munongo ne rejette toutefois pas la solidarité envers sa communauté. Elle affirme vouloir continuer à apporter son soutien, "dans la mesure de ses possibilités", aux personnes qui la sollicitent.
Mais l'élue refuse que la performance d'un parlementaire soit évaluée à l'aune de sa capacité financière personnelle.
"Je refuse que l'efficacité d'un député soit mesurée à sa capacité financière personnelle", insiste-t-elle, revendiquant plutôt une évaluation fondée sur son travail parlementaire, sa proximité avec les citoyens et sa capacité à porter leurs préoccupations au sein des institutions.
En tant que députée de l'opposition, Dominique Munongo revendique également le droit d'exercer "pleinement et sans complaisance" sa mission de contrôle de l'action gouvernementale.
À travers cette sortie, la députée de Lubudi remet ainsi au cœur du débat une question essentielle : jusqu'où doit aller la solidarité personnelle d'un élu et où commence la responsabilité de l'État ? Une interpellation qui, au-delà des clivages politiques, ouvre un débat sur la conception même du mandat parlementaire en République démocratique du Congo.
Charles Masudi
