La détresse grandit au sein de nombreux agents et fonctionnaires de l'État dont les salaires, pourtant virés par le Trésor public à Access Bank depuis le mois d'avril, demeurent inaccessibles. Trois mois après le début de cette migration bancaire consécutive aux difficultés d'Afriland Bank, des milliers de travailleurs affirment n'avoir toujours pas perçu leurs rémunérations.
Selon plusieurs témoignages recueillis par Le Tremplin, les bénéficiaires sont régulièrement invités à remplir des fiches de réclamation chaque mardi et jeudi dans les agences d'Access Bank. Une démarche qui, selon eux, ne produit aucun résultat concret. Les semaines passent, mais les comptes restent bloqués ou non approvisionnés, plongeant de nombreuses familles dans une situation de grande précarité.
Cette situation soulève plusieurs interrogations. Les autorités congolaises sont-elles pleinement informées des difficultés rencontrées par les agents publics ? Quelles mesures sont prises pour mettre fin à cette crise qui prive des milliers de ménages de leurs moyens de subsistance ?
Pour les fonctionnaires concernés, les conséquences sont dramatiques. Nombreux sont ceux qui peinent à payer leur loyer, les frais de scolarité de leurs enfants ou encore leurs dépenses de santé et d'alimentation. "Trois mois sans salaire, c'est une épreuve insupportable ", confie un agent sous couvert d'anonymat.
Certains travailleurs interrogés par Le Tremplin avancent également des soupçons selon lesquels les fonds resteraient immobilisés au profit de la banque. À ce stade, ces affirmations n'ont toutefois pas été étayées par des éléments permettant de les confirmer, et Le Tremplin n'a pas obtenu de réaction officielle d'Access Bank sur ces allégations.
Face à cette crise, les agents publics lancent un appel pressant au Gouvernement, au ministère des Finances, au ministère de la Fonction publique ainsi qu'à la Banque centrale du Congo afin qu'une solution rapide soit trouvée. Ils réclament davantage de transparence sur les raisons de ces retards et un calendrier clair pour le paiement effectif de leurs salaires.
Pour ces travailleurs, il est urgent que les autorités et les responsables bancaires apportent des réponses concrètes. Car derrière ces retards administratifs se cachent des familles en difficulté, des enfants privés de scolarité et des ménages dont la survie dépend d'un salaire qui, jusqu'à présent, reste introuvable.
Le Tremplin