L'Assemblée provinciale du Kasaï a recommandé, à l'unanimité, ce lundi, la suspension immédiate du maire de la ville de Tshikapa, Maître Faustin Lumuluabu, à la suite de son geste controversé consistant à déchirer publiquement une copie de la Constitution de la République démocratique du Congo.
La décision a été prise au cours d'une séance plénière, à l'issue de laquelle les députés provinciaux ont estimé que l'attitude de l'autorité urbaine était incompatible avec les responsabilités qu'il exerce à la tête de la ville de Tshikapa.
Lors d'un meeting politique organisé dans la ville, Faustin Lumuluabu avait, sous les applaudissements de sympathisants de sa formation politique, déchiré une copie de la Constitution en déclarant : "Nous avons dit non à l'actuelle Constitution que nous venons d'ailleurs de déchirer."
Cette scène, largement relayée sur les réseaux sociaux et dans les médias, a suscité une vague de réactions au sein de la classe politique et de l'opinion publique. Plusieurs observateurs estiment qu'un responsable public nommé par ordonnance présidentielle et chargé de faire respecter les lois de la République ne peut poser un acte perçu comme une atteinte au texte fondamental de l'État.
Les députés provinciaux ont ainsi adopté, sans aucune voix contre, une recommandation adressée au gouverneur de la province du Kasaï, autorité compétente pour prononcer la suspension du maire.
Cette affaire intervient dans un climat politique marqué par les discussions autour d'un éventuel changement de la Constitution, un débat qui continue de diviser la classe politique congolaise. Le geste du maire de Tshikapa relance ainsi les interrogations sur les limites de l'expression politique des détenteurs de l'autorité publique et sur le respect des institutions de la République.
La décision finale revient désormais au gouverneur du Kasaï, qui devra se prononcer sur la suite à réserver à cette recommandation de l'Assemblée provinciale.
Le Tremplin