Le mouvement politique Sauvons la RDC a vivement réagi à la déclaration de l’Union sacrée de la Nation critiquant la position de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) sur la question du changement de la Constitution. Dans un communiqué publié ce jeudi 25 juin, la plateforme dirigée par plusieurs figures de l’opposition dénonce ce qu’elle considère comme des attaques injustifiées contre les évêques catholiques et réaffirme son opposition à toute révision ou changement de la Loi fondamentale.
Dans leur déclaration, les signataires rappellent que les évêques de la CENCO, réunis en Assemblée plénière le 20 juin dernier, avaient appelé les Congolais à s’opposer à toute modification de la Constitution, estimant qu’une telle démarche ne peut être envisagée sans un large consensus national, particulièrement dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, politiques et sociaux.
Selon Sauvons la RDC, au lieu de répondre au fond des préoccupations soulevées par l’Église catholique, l’Union sacrée aurait choisi « les procès d’intention, les accusations sans preuve et les intimidations ». Le mouvement estime que la déclaration de la majorité présidentielle porte atteinte à l’intégrité morale et à l’honorabilité des évêques, qui jouissent d’une importante crédibilité auprès de la population congolaise.
Les membres fondateurs de la plateforme soutiennent que l’Église catholique, en raison de son implantation sur l’ensemble du territoire national et de son rôle historique dans la défense de la démocratie et de la justice sociale, est légitime pour s’exprimer sur les grandes questions engageant l’avenir du pays.
Dans ce communiqué, Sauvons la RDC considère également que le débat sur un éventuel référendum constitutionnel constitue une diversion face aux défis majeurs auxquels la République démocratique du Congo est confrontée, notamment l’insécurité, la corruption, le chômage, la dégradation des services publics et les crises sanitaires.
La plateforme affirme que les difficultés actuelles du pays ne trouvent pas leur origine dans la Constitution de 2006 et juge « moralement coupable et politiquement irresponsable » toute tentative de convaincre la population qu’un changement constitutionnel constituerait une solution aux problèmes du pays.
Réaffirmant son opposition « catégorique et définitive » à toute révision ou changement de la Constitution, Sauvons la RDC appelle les forces vives de la nation à défendre l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique. Le mouvement invite également les Congolais à rester mobilisés face à ce qu’il qualifie de « piège d’un référendum destiné à tuer la démocratie ».
Le communiqué est signé notamment par Franck Diongo, Jean-Claude Vuemba, Raymond Tshibanda, Seth Kikuni, Claudel André Lubaya, Théophile Mbemba, Tharcisse Loseke, Albert Mukulubundu, Filia Tshipasa et Bienvenu Matumo.
Le Tremplin