Près de quarante-huit heures après la défaite des Léopards de la RDC face à la Colombie (0-1), lors de la deuxième journée de la phase de groupes de la Coupe du monde 2026, les critiques continuent de pleuvoir sur Cédric Bakambu. L’avant-centre congolais est devenu, pour une partie de l’opinion, le principal responsable de ce revers. Une situation injuste au regard de son parcours, de son engagement et des réalités du football de haut niveau.
Le football est un sport de passion. Il suscite des émotions fortes, parfois excessives. Cependant, ni la déception d’une défaite ni le patriotisme ne devraient conduire à jeter l’opprobre sur un joueur sans une analyse approfondie de la rencontre et des consignes tactiques mises en place par le staff technique.
Avant de pointer du doigt un seul homme, il convient de s’interroger sur le plan de jeu élaboré par le sélectionneur Sébastien Desabre pour cette confrontation face à une équipe colombienne parmi les plus solides du tournoi. Les observateurs avertis savent qu’un attaquant est souvent tributaire du dispositif collectif, de l’animation offensive et de l’approvisionnement en ballons. Juger une prestation uniquement à travers le prisme d’une occasion manquée ou d’un résultat défavorable relève davantage de l’émotion que de l’analyse.
Selon nos informations, les attaques et commentaires visant le joueur ont profondément affecté son entourage. À la suite de nombreux appels reçus de la part de sa famille et de ses proches, Cédric Bakambu se sent humilié par des compatriotes à qui il a toujours fait plaisir de part ses exploits.
Au-delà du sportif, il y a un homme qui porte depuis plusieurs années les couleurs de la RDC avec fierté et dévouement. Bakambu n’est pas un inconnu dans l’histoire des Léopards. Il figure parmi les meilleurs buteurs de la sélection nationale et a souvent répondu présent dans les moments importants, contribuant à de nombreuses victoires et qualifications.
Il est donc regrettable de voir certains compatriotes oublier aussi rapidement les services rendus à la nation footballistique. Les grandes sélections se construisent dans le soutien, même dans l’adversité. Elles ne progressent pas en désignant systématiquement un bouc émissaire après chaque contre-performance.
La défaite contre la Colombie est celle d’un collectif. Comme toute victoire appartient à l’ensemble du groupe, un revers doit également être assumé par toute l’équipe : joueurs, staff technique et encadrement. C’est l’essence même du football.
À l’heure où les Léopards poursuivent leur aventure mondiale, l’unité et le soutien demeurent plus que jamais nécessaires. Les critiques constructives ont leur place, mais elles doivent s’appuyer sur des faits, une lecture objective du jeu et le respect dû à ceux qui défendent les couleurs nationales.
Cédric Bakambu mérite d’être jugé sur l’ensemble de son œuvre sous le maillot des Léopards, et non sur les émotions d’un soir. Les grands joueurs traversent parfois des moments difficiles. Les grandes nations, elles, savent les soutenir lorsqu’ils en ont le plus besoin.