À Kinshasa, certains soignent les corps, d’autres essaient de soigner la société. Le Dr Richard Moladja Kabeya fait partie de ceux qui ont choisi de marcher sur les deux chemins à la fois.
Né à Kinshasa et originaire du Kasaï Oriental, il aurait pu se contenter d’une carrière classique de médecin, entre consultations et prescriptions. Mais très tôt, il estime que le mal est plus large que les salles d’hôpital : pour lui, le Congo lui-même a besoin d’un traitement de fond.
Son parcours scolaire le mène de la Gombe à Kingabwa, puis à l’Université de Mbuji-Mayi où il obtient son diplôme de docteur en médecine. Mais le titre ne suffit pas. Il continue à se former, notamment en santé, en gestion et en leadership, convaincu que le savoir ne s’arrête jamais.
Depuis 2016, il exerce à l’Hôpital Général de Référence de Kintambo, après être passé par d’autres structures médicales comme la Clinique des Anges et la Clinique OSD. Un quotidien partagé entre les patients, les urgences et les responsabilités médicales.
En parallèle, il s’engage aussi dans l’administration publique. Depuis 2019, il dirige un service à l’Institut Supérieur des Statistiques. Une double vie exigeante, entre dossiers administratifs et dossiers médicaux.
Sur le plan politique, son engagement ne date pas d’hier. Influencé très tôt par les idées d’Étienne Tshisekedi, il s’implique dès sa jeunesse dans la réflexion sur l’avenir du pays. En 2006, encore étudiant, il créa une structure de jeunes universitaires pour le développement du Congo, avec l’ambition de rassembler la jeunesse autour de la construction nationale.
À 23 ans, il tenta déjà sa chance aux législatives. Un pari jeune, audacieux, presque symbolique, dans un environnement où la politique est souvent perçue comme une affaire de longue expérience.
Au fil des années, il multiplie les initiatives en faveur de la jeunesse. En 2019 et 2020, il participe à la création de plusieurs mouvements politiques et structures d’encadrement des jeunes, qu’il veut mobiliser autour de la responsabilité et de l’action.
Son parcours le conduit ensuite à occuper différentes fonctions de responsabilité politique et de conseil, notamment au sein de l’administration parlementaire et dans des cabinets ministériels.
Au-delà des titres et des fonctions, il met aussi en avant des actions sociales en faveur des plus vulnérables. Pour lui, la jeunesse congolaise ne doit pas rester spectatrice du développement, mais en devenir actrice.
Aujourd’hui, le Dr Richard Moladja Kabeya continue de jongler entre médecine, administration et engagement politique. Un parcours multiple, à la hauteur d’un défi plus grand encore : transformer les idées en résultats concrets.
Car au Congo, les discours sont souvent nombreux. Mais ce que la population attend, ce sont surtout des actes visibles, durables et utiles.
Gullith Basakisa