Le mouvement citoyen FILIMBI est monté au créneau ce mercredi 7 mai 2026 pour dénoncer ce qu’il qualifie de "préparation politique" d’un glissement électoral et d’un éventuel troisième mandat du président Félix Tshisekedi.
Dans une déclaration rendue publique à Kinshasa, la coordination nationale du mouvement citoyen affirme avoir suivi avec “indignation” les propos tenus par le Chef de l’État lors de son point de presse du 6 mai dernier.
FILIMBI estime que certaines déclarations du président de la République ouvrent la voie à une remise en cause des dispositions constitutionnelles limitant le mandat présidentiel à deux quinquennats.
Félix Tshisekedi n’aura pas de troisième mandat”, martèle le mouvement, rappelant que la Constitution congolaise fixe clairement la limitation des mandats présidentiels et que cette disposition constitue, selon lui, “un verrou démocratique essentiel.
Le mouvement citoyen accuse également le pouvoir de vouloir préparer l’opinion à un possible report de l’élection présidentielle de 2028 sous prétexte de l’insécurité persistante dans l’Est du pays.
Pour FILIMBI, les difficultés sécuritaires ne doivent pas servir d’argument pour prolonger illégalement le maintien au pouvoir. Le mouvement critique notamment les propos du président reconnaissant l’absence de visibilité sur la fin du conflit dans l’Est.
Comment un Président incapable de dire quand son gouvernement contrôlera l’intégralité du territoire national peut-il en même temps se déclarer disponible pour un troisième mandat ?, s’interroge FILIMBI.
Dans son communiqué, le mouvement appelle aussi à un dialogue national "sincère, inclusif et crédible" afin de faire face aux tensions politiques et sécuritaires que traverse la RDC. Toutefois, il avertit que ce dialogue ne doit pas devenir un instrument destiné à légitimer une éventuelle révision constitutionnelle.
FILIMBI dénonce par ailleurs la situation socio-économique du pays, évoquant la pauvreté, l’insécurité, le chômage massif ainsi que les difficultés d’accès aux services de base pour la population congolaise.
Le mouvement critique également les déclarations du président sur les questions sécuritaires, notamment ses précédents discours fermes envers le Rwanda durant la campagne électorale de 2023, avant de reconnaître récemment avoir été “mal informé” par certains rapports.
Enfin, FILIMBI appelle la jeunesse, les organisations citoyennes, les forces démocratiques, les confessions religieuses et l’ensemble des Congolais à rester "vigilants et mobilisés" face à toute tentative de confiscation du pouvoir.
La République n’est pas un héritage personnel. Et la démocratie ne se négocie pas, conclut le mouvement citoyen.
Le Tremplin