Battu de justesse au second tour de l’élection à la présidence de la Linafoot (65 voix contre 63), Delphin Kikuni signe une sortie pleine de hauteur. Dans un message à la fois lucide, ferme et empreint de fair-play, il remercie ses soutiens, interpelle les consciences et lance un avertissement au nouveau président Timothée Menayame : l’avenir du football congolais dépend désormais des actes. Ci-dessous son message repris in extenso :
“Très distingués Présidents des ligues provinciales, Dirigeants de l’ADFCO, Présidents et Délégués des clubs.
65 voix contre 63. Deux voix. Deux voix qui séparent la victoire de la conviction.
Ce soir, je ne suis pas abattu. Je suis là, debout, confiant, réconforté.
Merci aux présidents des ligues provinciales. Vous connaissez la réalité du terrain. Vous détenez la crème de miel de notre football. Vous avez porté notre message depuis bientôt 10 ans. Je ne l’oublierai jamais.
Merci aux dirigeants de l’ADFCO. Continuez à défendre l’unité et les intérêts des clubs. Votre courage m'a fasciné.
Merci aux présidents et délégués des clubs. Les 63 qui ont voté pour moi.
Vous avez risqué vos amitiés, vos intérêts. Vous avez choisi le changement plutôt que le confort. Chaque bulletin, c’était un acte de foi. Je le garde dans mon cœur.
Ceux qui criaient mon nom et qui ont voté contre moi, je connais le jeu. On peut trahir un homme. On ne trahit rien de sa conscience. L’histoire retiendra qui a défendu l'idéal, et qui a défendu sa poche.
Félicitations au Président élu, cher ami et fère Menayame. Tu as gagné. Maintenant, protège cette Linafoot. Elle est malade. Si tu la soignes, je serai le premier à t’applaudir. Si tu l’enterres, je serai le premier à te le dire. Parce que moi, je n’ai pas de camp. J’ai la passion du football.
Un dirigeant sportif, ça ne pleure pas sur une défaite. Ça pleure quand les stades sont vides. Ça pleure quand le spectacle se transforme en scène de violence. Ça, je ne pardonnerai jamais.
On a perdu une élection à deux voix. On n’a pas perdu notre dignité, notre personnalité difficile à caricaturer. On n’a pas perdu notre combat, notre détermination.
Que Dieu bénisse mes fidèles!
Que Dieu sauve la Linafoot!
Que Dieu bénisse le football congolais!”
Delphin KIKUNI