L’affaire Silas Katompa Mvumpa continue de faire grand bruit dans le paysage footballistique congolais. Cette fois, c’est Bernard Yuka, tuteur-fondateur de l’Étoile Sportive La Grâce, qui monte au créneau et livre une version des faits accablante, pointant du doigt des pratiques frauduleuses impliquant certains dirigeants de son propre club, en connivence avec des acteurs externes.
Interrogé par Le Tremplin, le président Yuka n’a pas mâché ses mots pour expliquer son opposition aux correspondants actuels de son club dans le dossier opposant l’ES La Grâce au FC MK. Selon lui, ces derniers ont agi de mèche avec un agent qu’il qualifie de “véreux”, à l’origine du changement d’identité du joueur Silas Katompa, rebaptisé à l’époque Wamangituka.
D’après ses révélations, cette manœuvre a permis de contourner les véritables ayants droit et de percevoir indûment les indemnités de solidarité et de formation liées au transfert du joueur.
“L’argent a été encaissé sous une fausse identité. Aujourd’hui, sachant que Stuttgart ne paiera pas une seconde fois pour le même dossier, ces individus tentent de se rabattre sur le FC MK pour obtenir un double paiement”, dénonce-t-il.
Mais les accusations ne s’arrêtent pas là. Bernard Yuka évoque également l’existence d’un passeport sportif “boutiqué”, qu’il attribue à une collusion entre certains de ses proches et certains dirigeants du CONOR. Il s’étonne notamment des incohérences flagrantes dans ce document, qui présente Silas Katompa comme un joueur de troisième division dès 2010, alors qu’il n’était âgé que d’environ 13 ans.
Face à ce qu’il considère comme une vaste entreprise de falsification et de manipulation, le président de l’ES La Grâce affirme vouloir “se reverse” pleinement dans la défense des intérêts de son joueur, mais aussi de la vérité, malgré les liens familiaux qu’il reconnaît avec certains des correspondants incriminés. Une position délicate, mais qu’il dit assumer au nom de l’intégrité et de la justice.
Cette nouvelle sortie de Bernard Yuka relance un dossier déjà explosif, où se mêlent accusations de fraude, conflits d’intérêts et luttes d’influence. Reste à savoir si les instances compétentes, tant au niveau national qu’international, se saisiront de ces graves allégations pour faire toute la lumière sur cette affaire aux multiples zones d’ombre.
Le Tremplin