Les électeurs de la Ligue nationale de football (LINAFOOT) sont convoqués aux urnes le 11 mars prochain pour désigner les animateurs de cette entité stratégique pour le développement du football d’élite en République démocratique du Congo. Trois candidats mènent les listes validées avant le report du scrutin : Jean-Claude Boto Lueto, Delphin Kikuni et Timothée Menayame.
Dans cette édition, Le Tremplin se penche sur le profil de Jean-Claude Boto Lueto, en attendant de présenter les deux autres prétendants dans nos prochaines publications, afin de permettre aux électeurs, lecteurs et passionnés de football de se faire une opinion éclairée.
Un acteur historique du football congolais
Jean-Claude Boto Lueto n’est pas un novice. Son nom est associé à près de quatre décennies d’engagement dans la gestion du football national. En 1994, il accède à la présidence de la Ligue nationale de football et devient, d’office, premier vice-président de la FECOFA (encore appelée FEZAFA à l’époque). Une position stratégique qui le place au cœur des décisions majeures du football congolais.
La même année, il marque les esprits en tant que chef de délégation du Daring Club Motema Pembe (DCMP), club qui remporte son titre continental face au club kenyan Kenya Breweries (devenu Tusker FC). Un épisode resté dans les annales, souvent cité comme l’un des moments forts du football congolais des années 1990.
Gestionnaire et bâtisseur
Au fil des années, Boto Lueto consolide son image d’administrateur rigoureux. Membre du comité de gestion de la LINAFOOT et acteur clé au sein de la FECOFA, il participe activement aux grandes orientations du football national.
En 2006, il intègre le comité Yav Tshibal, mis en place pour réorganiser la LINAFOOT dans un contexte de réformes. Il est alors le seul membre élu à l’unanimité, un fait que ses proches présentent comme la reconnaissance de son sérieux et de sa compétence.
À la tête du club Matonge, il initie plusieurs projets structurants, dont l’acquisition d’une parcelle devenue aujourd’hui un véritable patrimoine immobilier pour la formation. Un héritage concret qui illustre, selon ses partisans, sa vision de pérennité et de structuration des clubs.
Une vision axée sur la professionnalisation
Jean-Claude Boto Lueto défend une ligne claire : renforcer la compétitivité et l’attractivité du championnat national. Il plaide pour une meilleure organisation des compétitions, une gestion plus rigoureuse des clubs et une structuration accrue de la LINAFOOT.
Pour lui, le football congolais doit devenir un spectacle plus professionnel, capable de séduire davantage de supporters, d’attirer des partenaires et de redorer son image sur la scène internationale. Il estime que la modernisation de la gouvernance constitue un préalable indispensable à toute ambition continentale.
Entre continuité et nouveau souffle
Dans le contexte actuel, où certains estiment que la LINAFOOT reste partiellement sous l’influence du comité sortant, la candidature de Jean-Claude Boto Lueto s’inscrit dans une logique de continuité. Il se présente comme le successeur naturel de l’actuel président Michel-Bosco Mwehu, avec la promesse de poursuivre et d’achever les réformes engagées, tout en y apportant sa touche personnelle.
Ses détracteurs lui reprochent parfois une attitude jugée trop réservée, voire “molle”. Ses soutiens, eux, parlent plutôt de maîtrise de soi, de sagesse et d’expérience, des qualités qu’ils considèrent essentielles dans un environnement sportif souvent marqué par des tensions et des rivalités.
À quelques jours du scrutin du 11 mars, les électeurs devront trancher entre expérience, rupture ou renouveau. Avec Jean-Claude Boto Lueto, c’est le profil d’un gestionnaire aguerri, héritier d’une longue tradition administrative, qui se présente à leur jugement.
Le Tremplin