Le 25 avril 2023, dans la salle Salongo du Pullman Hôtel de Kinshasa, le secrétaire général de la CAF, Véron Mosengo Omba, promettait de “remettre la FECOFA sur le rail” grâce à la normalisation. L’objectif affiché : restaurer la gouvernance, relancer les compétitions et ramener la crédibilité du football congolais. Quatre ans plus tard, l’heure n’est plus aux promesses, mais au bilan. Et le décalage entre les engagements solennels et la réalité du terrain interpelle.
Des promesses fortes, un résultat contesté
À l’époque, la CAF et la FIFA justifiaient la mise en place du Comité de normalisation (CONOR) par une situation jugée “irrégulière et bloquée”. La feuille de route était claire : révision des statuts, assainissement de la gouvernance et organisation d’élections régulières pour relancer durablement le football national.
Mais pour de nombreux observateurs du sport congolais, la normalisation n’a pas produit l’effet attendu. Au contraire, elle a prolongé une période d’incertitude institutionnelle et d’essoufflement sportif. Le football congolais, censé être remis sur les rails, peine toujours à retrouver sa dynamique et sa stabilité.
Une influence déterminante contestée
Il est aujourd’hui reproché à Véron Mosengo Omba d’avoir exercé, directement ou indirectement, une influence déterminante sur la gestion de la FECOFA à travers des relais et des choix humains controversés. L’introduction d’experts CAF-FIFA dans la gestion de la fédération devait garantir la transparence et la réforme. Si certains acteurs, notamment ceux impliqués dans la révision des statuts, ont accompli un travail salué, d’autres nominations ont suscité des interrogations sur la compétence réelle et l’indépendance du dispositif.
Pour plusieurs voix critiques du milieu sportif congolais, la normalisation a davantage ressemblé à une centralisation du pouvoir qu’à une transition vers une gouvernance autonome et crédible.
Le sentiment d’une occasion manquée
Lors de la conférence de presse annonçant le CONOR, la promesse était claire : relancer le football congolais et lui redonner vie. Aujourd’hui, la question demeure : quelles réformes structurelles ont durablement transformé la gestion du football national ? Quels mécanismes nouveaux ont été instaurés?
Dans les milieux sportifs, le sentiment dominant est celui d’une occasion manquée. L’espoir suscité par la normalisation s’est progressivement mué en désillusion pour une bonne partie du public et des acteurs du football.
Mémoire et responsabilité
Le débat autour du rôle de Véron Mosengo Omba dans la normalisation de la FECOFA reste ouvert. Mais une chose semble faire consensus chez de nombreux passionnés : les promesses publiques engagent leur auteur, surtout lorsqu’elles concernent l’avenir d’une discipline qui incarne une part essentielle de l’identité sportive nationale.
Autant il a interdit aux animateurs du CONOR de se porter candidats aux prochaines élections, autant il devrait lui-même s’en abstenir, lui qui a exercé, de fait, un pouvoir déterminant durant toute la période de normalisation. Et quand bien même il choisirait de s’entêter, il devra compter avec une réalité simple : les électeurs du football congolais ne sont pas amnésiques.
Le Tremplin