Alors que certains observateurs annonçaient avec insistance la dissolution imminente du PPRD par le Conseil d’État, sur base du réquisitoire du ministère public daté du 30 octobre 2025, saisi le 6 novembre, le parti de Joseph Kabila affirme aujourd’hui que cette perspective ne reposait sur aucun fondement juridique solide.
Selon Ferdinand Kambere, le PPRD s’est interrogé dès le départ sur ce qu’il qualifie de "bricolage juridique" : comment une matière pénale, relevant normalement du Parquet et du Tribunal de grande instance, strictement encadrée par la loi de 2004 sur les partis politiques (délai de 15 jours renouvelable une seule fois), pouvait-elle être artificiellement transposée en contentieux administratif devant le Conseil d’État ?
La réponse, explique-t-il, est finalement venue du Conseil d’État lui-même, par le biais du greffe de la section du contentieux. Après un week-end marqué par des rumeurs persistantes de dissolution et une agitation inhabituelle autour de la notification d’une prétendue décision ou d’une audience, le constat a été sans appel : aucune décision rendue, aucune audience fixée, aucun procès engagé.
“Le PPRD n’a reçu que la simple signification d’un réquisitoire, hors délais légaux, sans suite judiciaire”, souligne Ferdinand Kambere, concluant que “la menace a fait plus de bruit que le droit”.
Dans ce contexte, le silence observé par l’initiateur du PPRD, l’ancien président Joseph Kabila Kabange, est présenté non comme une faiblesse, mais comme une posture assumée et stratégique. Kambere invoque même une référence biblique pour illustrer cette attitude : "L’Éternel combattra pour vous, et vous garderez le silence" (Exode 14:14).
Sur le plan politique, le PPRD et le FCC réaffirment leur refus de participer à ce qu’ils considèrent comme une “forfaiture”, accusant le régime en place de vouloir imposer un monologue politique afin de contourner un dialogue national inclusif “de vérité” attendu par la Nation. Dans la même logique, ils rappellent leur rejet des élections de 2023, qualifiées de chaotiques, dont la situation actuelle serait, selon eux, la conséquence directe.
Enfin, la déclaration se conclut par un appel à la libération de plusieurs cadres du PPRD, dont Aubin Minaku, Ramazani Shadary, Dunia Kilanga, Parole Kamizelo, Kavul et d’autres, qualifiés “d’otages” au regard de l’article 223 du Code pénal congolais et du Statut de Rome.
“Le droit tient. Le PPRD tient. L’histoire jugera”, martèle Ferdinand Kambere, dans un message qui se veut à la fois juridique, politique et symbolique, à un moment charnière de la vie politique congolaise.
Le Tremplin