La capture musclée du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines continue de susciter des réactions à travers le monde. Parmi elles, celle d’Adam Bombole, ancien candidat à la présidentielle congolaise de 2011, qui dénonce une dérive impérialiste lourde de conséquences pour l’ordre international.
Dans une analyse sans concession, Adam Bombole reconnaît d’emblée la nature autoritaire du régime de Nicolás Maduro. "Maduro est incontestablement un dictateur", affirme-t-il, tout en rappelant qu’il est loin d’être un cas isolé sur la scène mondiale. Mais pour l’homme politique congolais, cette réalité ne saurait justifier une intervention militaire unilatérale visant à capturer un chef d’État en exercice pour le juger à l’étranger.
L’ancien candidat pointe une contradiction flagrante dans l’attitude de Washington. Il rappelle que le président américain Donald Trump a récemment gracié l’ancien président du Honduras, pourtant condamné à 45 ans de prison aux États-Unis pour narco-terrorisme, une infraction similaire à celle aujourd’hui reprochée à Maduro. Dès lors, l’opération contre le Venezuela apparaît, selon Bombole, comme une "aberration" et une démonstration assumée de l’impérialisme américain.
Au-delà de la personne de Maduro, Adam Bombole estime que l’objectif réel de cette intervention est ailleurs : le contrôle et le pillage des immenses ressources pétrolières et minières du Venezuela. Il redoute un pays placé sous tutelle, administré de fait par les forces militaires, politiques et économiques de Washington.
Mais l’inquiétude majeure exprimée par Bombole concerne le précédent juridique et géopolitique créé par cette action. En foulant aux pieds le droit international et la souveraineté des États, les États-Unis ouvriraient la voie à une ère où les grandes puissances pourraient légitimer toutes les agressions. "Ce mauvais précédent pourrait encourager la Chine contre Taïwan, la Russie contre l’Ukraine, et bien d’autres abus", avertit-il.
Si Adam Bombole admet que peu de voix s’élèveront pour pleurer le sort personnel de Nicolás Maduro, il appelle néanmoins à une prise de conscience urgente, notamment en Afrique. Les États dits "faibles", riches en ressources naturelles, devraient selon lui se méfier des puissances qui se présentent comme des solutions ou des modèles, mais agissent avant tout selon la loi de leurs intérêts.
En conclusion, l’ex-candidat à la présidentielle dresse un constat sombre : la diplomatie classique et le droit international sont à l’agonie. Si cette tendance se confirme, prévient-il, "la loi du plus fort prévaudra sur tout et sur tous".
Un message grave, lancé en ce dimanche, que Bombole conclut par une invocation empreinte d’inquiétude : "Que Dieu nous garde."
Le Tremplin