Une publication musclée de Ferdinand Kabambare, diffusée sur le réseau social X, est venue raviver le débat sur la légitimité de certaines décisions internes du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), au moment où la formation politique traverse l’une des périodes les plus délicates de son histoire récente.
Au cœur de la controverse : une vidéo du camarade India (Idia) Omari, jugée " manifestement coupée et sortie de son contexte "par Ferdinand Kabambare, et abondamment relayée sur les réseaux sociaux ainsi que dans certains cercles du PPRD. Selon Kabambare, cette séquence et les commentaires qui l’accompagnent visent à jeter le doute sur la légitimité du vice-président du parti, Aubin Minaku, en le présentant comme en porte-à-faux avec les résolutions officielles du parti.
Kabambare monte au créneau
Se présentant comme SPA (Secrétaire permanent adjoint) et participant direct à la session extraordinaire du Bureau politique du PPRD tenue à Nairobi en mars 2025, Ferdinand Kabambare affirme se sentir "directement interpellé". Dans sa mise au point, il rappelle que cette session avait été présidée par Joseph Kabila Kabange, initiateur et président national du PPRD, et qu’elle s’était déroulée conformément aux statuts du parti révisés en 2018, notamment les articles 38 et 70.
Selon lui, c’est à l’issue de cette session que Joseph Kabila a personnellement désigné Aubin Minaku comme vice-président du Bureau politique, avec pour mission d’assurer l’intérim du président national en cas d’empêchement, notamment en raison de son impossibilité de se rendre à Kinshasa. Kabambare insiste : la décision a été officielle, annoncée publiquement à Nairobi, et son exécution confiée à Chikez Diemu, chargé de procéder à l’installation de Minaku.
Il rappelle également que, lors de la même cérémonie, le Secrétaire permanent Emmanuel Ramazani Shadary et ses deux adjoints ont été reconduits dans leurs fonctions, ce qui, selon lui, confirme sans équivoque la validité juridique et politique des résolutions de Nairobi.
Une polémique au mauvais moment
Pour Ferdinand Kabambare, la remise en cause actuelle de ces résolutions est non seulement " étonnante", mais surtout dangereuse, car elle intervient alors que le PPRD fait face à de lourdes pressions :
– la condamnation qualifiée d’illégale de son président national Joseph Kabila ;
– la saisie et l’occupation de biens du parti ;
– l’enlèvement et la détention du Secrétaire permanent Emmanuel Ramazani Shadary et d’autres cadres ;
– plus largement, une répression politique qu’il attribue au pouvoir en place.
Dans ce contexte, Kabambare estime que créer des querelles internes revient à servir involontairement,ou délibérément, les intérêts du régime, lequel n’aurait pas réussi, selon lui, à dissoudre le PPRD par des voies légales.
India Omari dans le viseur de l’opinion
Au-delà de la mise au point statutaire, une certaine opinion au sein de la famille politique de Joseph Kabila va plus loin. Elle considère qu’Idia Omari serait en train de “faire le lit” de la majorité au pouvoir, en contribuant à une stratégie visant à fragiliser le Front commun pour le Congo (FCC).
Selon cette lecture, la multiplication de prises de position ambiguës et de contenus polémiques participerait à une tentative de duplication ou d’éclatement du FCC, à travers le "débauchage" ou la mise en avant de certains caciques historiques, dans le but d’affaiblir l’influence politique de Joseph Kabila et de son camp.
Cette thèse, bien que contestée par les proches d’Omari, gagne du terrain parmi les militants qui y voient une manœuvre classique de division, souvent observée dans les phases de recomposition politique en RDC.
Dans sa conclusion, Ferdinand Kabambare s’aligne sur la position du SPA Lucain Kasongo, assurant l’intérim du Secrétaire permanent, pour appeler à l’apaisement, la discipline et l’unité. Il martèle que le PPRD n’est ni "une juxtaposition d’opinions personnelles", ni un parti où chacun interprète les statuts "selon ses humeurs".
Rappelant la doctrine et la vision portées par Joseph Kabila, Kabambare assume un discours de fermeté :
Le PPRD a survécu au départ de figures majeures par le passé. Il survivra encore. Le PPRD vivra. Avec ou sans eux.
Une déclaration qui sonne comme un avertissement à ceux qui, par fatigue ou calcul politique, envisageraient un rapprochement avec le pouvoir actuel. Pour les fidèles du Raïs, la ligne reste claire : résistance, cohésion interne et fidélité aux résolutions de Nairobi.
Le Tremplin