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Alors que le ministère des Finances, par la voix de ses communicateurs, a martelé que tous les agents et fonctionnaires de l’État seraient payés avant le 1er janvier, la réalité observée sur le terrain au 31 décembre 2025 raconte une tout autre histoire. À Kinshasa comme à l’intérieur du pays, des milliers de fonctionnaires n’ont toujours pas vu leurs comptes crédités. Résultat : une fin d’année transformée en cauchemar social.
Une promesse publique démentie par les faits
Doudou Fwamba a rassuré, les canaux officiels ont relayé, et les bailleurs se sont appuyés sur ces annonces pour exiger le paiement des loyers. Mais dans les banques, les files d’attente interminables n’aboutissent à rien. Les comptes restent vides, les guichets impuissants, et les agents de l’État repartent chaque jour avec la même réponse : "pas encore approvisionné".
Cette dissonance entre le discours officiel et la réalité bancaire alimente un profond sentiment de frustration et d’abandon. Elle fragilise surtout des familles entières, sommées de faire face à leurs obligations parentales et sociales sans le moindre moyen.
Kinshasa, siège des institutions… et des retards
Si certains justifient les retards à l’intérieur du pays par la distance et les contraintes logistiques, comment expliquer la même situation à Kinshasa, capitale et siège des institutions ? Ici aussi, des enseignants, infirmiers, agents administratifs etc. attendent toujours leur salaire de novembre, promis avant le Nouvel An.
Cette situation enlève toute crédibilité aux explications avancées et pose une question centrale : où se situe le blocage réel ? Entre l’ordonnancement, la trésorerie et les banques commerciales, le flou persiste, pendant que les agents paient le prix fort.
Une démagogie aux conséquences humaines
Au-delà des chiffres et des communiqués, cette communication triomphaliste frôle la démagogie. Elle met en danger des fonctionnaires, exposés à des pressions de bailleurs, à des pénalités, voire à des expulsions, parce que les promesses publiques ont été prises pour argent comptant.
À force de rassurer sans livrer, l’État entame la confiance de ceux qui le servent au quotidien. La parole publique, lorsqu’elle n’est pas suivie d’actes, devient un facteur d’instabilité sociale.
L’urgence de la vérité et des solutions
Il est impérieux d’appeler à la transparence immédiate : dire la vérité sur l’état réel des paiements, identifier clairement les goulots d’étranglement et communiquer des délais crédibles. Les agents de l’État n’ont pas besoin de slogans de fin d’année, mais de salaires effectivement versés.
En cette période sensible, la responsabilité gouvernementale commande des actes concrets, pas des annonces. À défaut, la fracture entre l’État et ses fonctionnaires continuera de s’élargir, au détriment de la paix sociale et de la dignité de ceux qui tiennent l’administration debout.
Le Tremplin