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Kinshasa : que rapporte réellement le contrôle technique des véhicules ? La RFCK répond

 

La Régie des Fourrières et de Contrôle Technique des Véhicules de Kinshasa (RFCK) sort de son silence. Mise en cause sur les réseaux sociaux autour de prétendues recettes mensuelles de 80 millions de dollars générées par le contrôle technique, l’institution provinciale qualifie ces chiffres de « fantaisistes et infondés » et oppose aux accusations un argumentaire fondé sur les tarifs, la clé de répartition des recettes et le volume réel des véhicules contrôlés.


Dans un communiqué signé par sa Cellule de Communication, la RFCK assure que les 80 millions de dollars mensuels évoqués sur la toile ne correspondent à aucune réalité financière. Pour l’institution, ce chiffre relève davantage du sensationnalisme que d’une lecture des mécanismes de perception des recettes du contrôle technique.

La RFCK ne perçoit pas directement l’intégralité des frais

Au cœur de la mise au point : le mécanisme de perception. Selon la Régie, la Ville de Kinshasa ne disposant pas de centres de contrôle technique propres, elle perçoit des redevances fixes prévues par la réglementation en vigueur.


Ces sommes sont payées auprès des guichets avancés des banques installés dans les centres agréés, conformément à l’arrêté interministériel du 21 novembre 2025 cité par la RFCK.


La Régie insiste surtout sur un élément souvent absent des débats sur les réseaux sociaux : la totalité des montants payés par les automobilistes ne revient pas à la RFCK.


La clé de répartition des recettes est fixée par les autorités compétentes. La part attribuée à la Régie, qui était auparavant de 37 %, est actuellement ramenée à 20 %, selon le communiqué, qui renvoie notamment à l’arrêté provincial du 24 février 2026 relatif au paiement des dettes envers la Ville de Kinshasa et aux mécanismes de répartition des recettes urbaines.


La RFCK avance ainsi une donnée centrale pour apprécier les recettes réellement disponibles pour son fonctionnement : 5,18 dollars en moyenne par véhicule contrôlé au titre de la rétrocession destinée à la prime de mobilisation et au fonctionnement de la Régie.

55 000 véhicules contrôlés en six mois

Autre élément mis en avant : le volume des contrôles réalisés. Pour un parc automobile kinois que la RFCK estime entre 800 000 et 1 million de véhicules, l'objectif initial était fixé à 100 000 contrôles.


Entre septembre 2025 et mars 2026, soit durant la première échéance, 55 000 véhicules ont été contrôlés, selon les chiffres communiqués par la Régie. Elle présente ce résultat comme une progression majeure par rapport aux années antérieures, durant lesquelles le nombre annuel de véhicules contrôlés serait resté inférieur à 5 000.


Pour la deuxième échéance, actuellement en cours, la RFCK fait état de 13 000 véhicules déjà enregistrés. Ces chiffres constituent, selon l'institution, un élément de réponse à ceux qui avancent des recettes de 80 millions de dollars chaque mois.


À titre purement arithmétique, si l'on applique la moyenne de 5,18 dollars annoncée par la RFCK aux 55 000 véhicules contrôlés durant la première échéance, la part revenant à la Régie représenterait environ 284 900 dollars sur cette période, et non plusieurs dizaines de millions de dollars par mois.


Cette comparaison doit toutefois être lue avec prudence : le montant de 5,18 dollars présenté par la RFCK correspond à sa rétrocession moyenne et non au montant total payé par les propriétaires des véhicules.

Un contrôle qui relève d'un dispositif national

La Régie rappelle par ailleurs que le contrôle technique n'est pas une nouvelle invention administrative de Kinshasa.


Elle le présente comme la continuité d'une pratique ancienne, connue notamment sous l'appellation d'« Expertise », et inscrite dans le cadre réglementaire national.


La RFCK cite notamment l'arrêté ministériel N°VPM/MTVCD/CAB/025/2025 du 12 novembre 2025, signé par le Vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba Gombo, portant réglementation du contrôle technique des véhicules automobiles et des remorques en circulation en République démocratique du Congo.


L'institution souligne également que la question du contrôle technique a été évoquée au niveau du Conseil des ministres.

Une mission de contrôle de l'Assemblée provinciale en cours

Sur le terrain de la reddition des comptes, la RFCK affirme ne pas fuir le contrôle institutionnel.


Elle révèle qu'une mission de contrôle de la commission ECOFIN de l'Assemblée provinciale de Kinshasa est actuellement menée au sein de ses services.


Pour la Régie, cette procédure constitue précisément le cadre approprié pour examiner les chiffres, les mécanismes de perception et l'utilisation des recettes, plutôt que de tirer des conclusions à partir de publications circulant sur les réseaux sociaux.


La RFCK dénonce ainsi ce qu'elle considère comme une tentative de transformer une question de finances publiques en « buzz politique ».

Au-delà de la polémique, la question des chiffres

Le débat autour du contrôle technique à Kinshasa pose finalement une question plus large : combien rapporte réellement ce dispositif, à qui et selon quelle clé de répartition ?


La réponse ne peut être apportée sérieusement qu'à partir des données comptables et des pièces justificatives des différents intervenants dans la chaîne de perception.


En attendant les conclusions de la mission de contrôle parlementaire, la RFCK défend donc une lecture fondée sur trois données : le nombre de véhicules effectivement contrôlés, le tarif applicable et la part légalement rétrocédée à la Régie.


Une approche qui replace les chiffres au centre du débat et rappelle une règle élémentaire en matière de finances publiques : avant de faire parler les millions, il faut d'abord faire parler les documents.


Le Tremplin

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