À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, le Syndicat des enseignants du Congo (SYECO) remet sur la table une série de revendications qui, pour beaucoup d’enseignants congolais, ressemblent à un air déjà entendu.
Réunis en Assemblée générale le 26 août 2026 à Kinshasa, les membres du SYECO ont adopté une déclaration appelant notamment à la mécanisation et au paiement des enseignants non payés (NP) et nouvelles unités (NU), à l’amélioration des conditions de retraite, à une meilleure couverture sanitaire, à la révision du système de paie ainsi qu’à la revalorisation du salaire des enseignants à 500 dollars américains.
Le syndicat réclame également une meilleure prise en charge des inspecteurs de l’éducation et s’oppose à toute adhésion au Fonds solidaire de santé (FSS) qui se ferait, selon lui, au détriment de la Mutuelle de santé des enseignants (MESP), sans concertation préalable.
Une chanson connue à chaque rentrée
Sur le papier, ces revendications sont loin d’être nouvelles. Depuis près de trois décennies, la rentrée scolaire en République démocratique du Congo est régulièrement précédée par le même scénario : syndicats d’enseignants, Gouvernement et autorités éducatives se retrouvent autour des mêmes difficultés, avec des promesses de solutions qui peinent souvent à produire des changements durables.
Salaires jugés insuffisants, enseignants non mécanisés, nouvelles unités non payées, conditions de travail difficiles, problèmes de retraite et de couverture sanitaire : les préoccupations changent peu au fil des années.
À chaque veille de rentrée, la même chanson revient, avec parfois de nouvelles paroles, mais presque toujours les mêmes revendications.
Cette répétition interroge surtout sur l’efficacité du dialogue social et sur la capacité des différents gouvernements à apporter des réponses structurelles à un secteur aussi stratégique que l'éducation.
Le Gouvernement face à ses engagements
Le SYECO rappelle que, lors de la 96e réunion du Conseil des ministres du 14 août 2026, le président Félix-Antoine Tshisekedi avait instruit le Gouvernement de veiller à une rentrée scolaire « effective, apaisée et inclusive » sur l’ensemble du territoire national.
Pour le syndicat, cette orientation présidentielle devrait nécessairement être accompagnée de mesures concrètes en faveur des enseignants.
Le syndicat déplore par ailleurs le refus, selon lui, de la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté de lui accorder une audience sollicitée le 20 août dernier.
Or, une rentrée véritablement apaisée ne saurait se limiter à l’ouverture officielle des portes des écoles. Elle suppose également que les enseignants disposent de conditions leur permettant d’exercer convenablement leur métier.
Sortir du cycle des promesses
Le véritable enjeu pour le Gouvernement est désormais de sortir du traditionnel cycle "revendications-négociations-promesses-reprise des revendications".
Car si les mêmes problèmes sont dénoncés depuis une trentaine d’années, leur persistance ne peut plus être considérée comme une simple difficulté conjoncturelle. Elle révèle un problème structurel dans la gestion et le financement du système éducatif congolais.
La revendication d’un salaire de 500 dollars peut faire débat au regard des capacités budgétaires de l’État. Mais derrière ce chiffre se trouve une question fondamentale : combien vaut, pour la République, le travail de celui ou celle à qui elle confie la formation de ses générations futures ?
À l’approche de la rentrée 2026-2027, l’urgence n’est donc pas seulement d’éviter une éventuelle perturbation des cours. Elle est de créer un mécanisme durable de dialogue entre le Gouvernement et les syndicats afin que chaque rentrée ne devienne plus le rendez-vous annuel des mêmes revendications.
Pour une fois, les enseignants aimeraient peut-être entendre une nouvelle chanson : celle des engagements effectivement réalisés.
Le Tremplin
