Quand le respect des attributions devient, pour certains, un "problème"
Il faut remettre les pendules à l’heure. Depuis quelques jours, une certaine dynamique s’emploie à installer dans l’opinion l’idée d’une supposée crise au sein du Comité exécutif de la FECOFA. Désaccords profonds, tensions internes, malaise entre dirigeants… Le récit est savamment entretenu.
Mais derrière cette agitation médiatique, une réalité s’impose : il n’y a pas de crise au Comité exécutif de la FECOFA. Il y a plutôt quelque chose que certains ont encore du mal à accepter : la FECOFA a changé de mode de gouvernance.
Le temps du "tout-puissant président" est révolu
Le Comité exécutif dirigé par Véron Mosengo Omba n’est pas arrivé avec la promesse de reproduire les méthodes du passé. Son projet électoral reposait sur une idée forte : refonder pour structurer, structurer pour gagner.
Cette refondation concerne aussi la manière de s les décisions.
La FECOFA n’est plus conçue comme une institution où tout remonte systématiquement au président et où le fonctionnement dépend de sa seule volonté. Les commissions spécialisées ont désormais vocation à jouer pleinement leur rôle.
Dans chaque domaine, les dossiers sont traités par les structures compétentes. Les responsabilités sont distribuées. Les décisions suivent leur circuit.
Ce qui était présenté hier comme une concentration du pouvoir doit aujourd’hui laisser place à une gouvernance institutionnelle, collégiale et responsable.
Et forcément, cette rupture avec les anciennes habitudes ne peut pas plaire à tout le monde.
Le vrai malaise : vouloir décider partout
Au sein même du Comité exécutif, les responsabilités ne sont pas laissées au hasard. Chaque membre dispose d’attributions spécifiques et peut être chargé d’une ou plusieurs missions.
Le principe est pourtant élémentaire : on ne peut pas réclamer le respect des institutions tout en refusant soi-même le respect des périmètres de responsabilité.
Certains semblent vouloir intervenir dans des dossiers qui ne relèvent pas directement de leurs attributions. Lorsque leurs initiatives ne prospèrent pas, le désaccord interne est ensuite transformé en "crise", puis raconté à travers certains relais médiatiques.
C’est là que se situe la véritable confusion.
Prenons un exemple concret. Le premier vice-président et le membre Jeef Kapondo figurent parmi les responsables chargés de travailler sur des questions de réforme, notamment celles relatives aux mécanismes de montée et de descente. Ces matières ne peuvent donc être abordées sérieusement qu’à travers le cadre institutionnel prévu à cet effet. Le fait qu’une proposition soit discutée, amendée ou ne soit pas immédiatement retenue ne constitue ni une guerre interne ni une crise. C’est simplement le fonctionnement normal d’une institution.
Critiquer, oui. Manipuler, non
Il est parfaitement normal que des dirigeants aient des sensibilités différentes. Il est même sain qu’un Comité exécutif débatte. Une institution qui ne débat jamais est probablement une institution qui ne fonctionne pas. Mais entre débat institutionnel et campagne de déstabilisation, il existe une différence que personne ne devrait ignorer.
La presse a le devoir d’informer. Elle peut interroger, enquêter, critiquer et même révéler des dysfonctionnements. Mais elle ne devrait pas devenir le prolongement de frustrations individuelles ou servir à créer artificiellement des crises là où les faits n’en démontrent aucune. Les Congolais du football doivent être suffisamment respectés pour qu’on leur présente des faits plutôt que des insinuations.
Une nouvelle FECOFA, de nouvelles règles
Ceux qui ont été élus sur la promesse d’une rupture avec certaines pratiques du passé doivent justement accepter d’en appliquer les conséquences. La nouvelle FECOFA ne peut pas être nouvelle uniquement dans les discours. Elle doit aussi l’être dans ses méthodes.
Décentraliser les responsabilités, faire travailler les commissions, respecter les compétences de chacun, documenter les décisions et soumettre les grandes réformes au processus institutionnel : voilà ce que signifie gérer autrement. Le changement de gouvernance ne se mesure donc pas au nombre de déclarations faites dans les médias. Il se mesure à la capacité de l’institution à fonctionner au-delà des individualités.
La FECOFA n’appartient ni à son président, ni à son premier vice-président, ni à un quelconque membre du Comité exécutif. Elle appartient au football congolais. C’est précisément pour cette raison que chacun doit accepter de jouer le rôle qui lui est confié.
Ceux qui veulent réellement contribuer à la réforme du football congolais disposent d’un cadre pour le faire. Ceux qui souhaitent contester une décision disposent également des voies institutionnelles pour le faire. Mais transformer chaque limite de compétence en frustration, chaque désaccord en conflit et chaque procédure en prétendue crise ne fera pas avancer le football congolais. Le changement est en marche. Il dérange peut-être certains. Mais il ne s’arrêtera pas pour autant.
La manipulation ne passera plus.
Charles Masudi
