Des chercheurs réfléchissent à la mise en place d’un Musée hybride des mémoires africaines à Ottawa, consacré aux arts traditionnels et contemporains. Pour faire avancer cette initiative, ils se sont réunis mercredi 23 septembre à l’Université d’Ottawa, dans le cadre d’une conférence scientifique.
« À travers ce projet, nous voulons mieux présenter l’Afrique au-delà des stéréotypes et promouvoir la contribution des communautés immigrantes africaines au Canada », a expliqué Éric Impion, initiateur du projet.
Il souhaite notamment que les mouvements migratoires puissent avoir des effets positifs sur l’avenir des villes canadiennes.
Le projet de Musée à Ottawa peut être considéré comme un « véritable voyage », estime pour sa part la professeure Nathalie Mondain, responsable des études de premier cycle en études africaines.
« Il ne s’agit pas de chercher un nouveau paysage, mais d’avoir de nouveaux yeux, de voir l’univers avec les yeux d’un autre, et de cent autres », a-t-elle expliqué.
De son côté, la professeure invitée à l’Université d’Ottawa, Odome Angone, appelle à déconstruire la « bibliothèque coloniale » au cœur de la diaspora franco-ontarienne.
Enseignante en études africaines, elle a notamment évoqué la question de « l’exil au carré », marqué à la fois par l’exil géographique et linguistique. Odome Angone invite également à repenser certains concepts, comme celui de « Sud global », et à lutter contre l’aliénation intériorisée par de nombreuses personnes, y compris celles qui n’ont jamais voyagé en Afrique.
Même si le musée peut être considéré comme une institution héritée de l’histoire coloniale, il ne devrait pas être écarté pour cette raison. Il devrait plutôt être repensé, estime Jonathan Paquette, professeur titulaire à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa.
Le projet entend également promouvoir la langue française, au-delà du simple cadre du bilinguisme canadien.
La conférence scientifique avait pour thème : « Mémoires africaines au Canada : des récits minoritaires à l’institutionnalisation ».
Les assises ont été organisées par le Projet Mémoire d’Afrique, le Centre de recherche sur l’avenir des villes et la Chaire de recherche sur les politiques du patrimoine culturel de la Francophonie internationale.
Un colloque international est prévu en mars 2027 afin de faire avancer le projet et de mettre en place, dans un premier temps, un musée temporaire. La recherche de financements constitue toutefois l’un des principaux défis identifiés par les organisateurs.
D.M
