Mbuji-Mayi a accueilli, samedi 29 août 2026, la première édition de l’Open Bwa Bana, une compétition de Karaté-Do dédiée aux jeunes catégories. Portée par la Fédération de Karaté-Do du Congo (FEKACO), cette initiative entend faire du sport un véritable outil d’éducation, de discipline et d’accompagnement de la jeunesse.
Le tatami de Mbuji-Mayi a vibré au rythme des katas et des combats des jeunes karatékas. Pour sa première édition, l’Open Bwa Bana a réuni des athlètes issus des catégories poussins, pupilles, benjamins et minimes, dans une compétition où l’enjeu dépassait largement celui des médailles.
Placée sous le thème "Bana Tulongayi Kalasa", littéralement "Enfants, allons à l’école", la manifestation a établi un lien direct entre la pratique des arts martiaux et la réussite scolaire. Une philosophie qui traduit la volonté de la FEKACO de considérer le karaté non seulement comme une discipline de combat, mais également comme une école de vie.
Sur le tatami, les jeunes participants ont livré des prestations engagées, affichant technique, concentration et discipline. Malgré leur jeune âge, plusieurs ont démontré une réelle maîtrise des fondamentaux de la discipline, sous le regard attentif de leurs encadreurs et d’un public venu nombreux.
Le karaté comme école de discipline
Représentant le président de la FEKACO, Maître Freddy L’a Kombo, empêché, Maître Jimmy Muamba a souligné la portée de cette première édition.
À travers cet Open, la fédération entend offrir aux jeunes un cadre leur permettant de découvrir la compétition, d’évaluer leur progression et surtout de bénéficier d’un encadrement régulier.
Le message porté par les organisateurs est clair : avant de rechercher la performance sportive, il faut construire l’athlète. Et cette construction passe par la discipline, le respect, le travail et l’éducation.
Cette vision rejoint les valeurs fondamentales du Karaté-Do, où la maîtrise de soi et le respect de l’adversaire occupent une place aussi importante que la technique.
De l’école du tatami à l’école tout court
L’originalité de l’Open Bwa Bana réside surtout dans son prolongement au-delà de la compétition.
À l’issue de la manifestation, chaque participant a reçu un kit de fournitures scolaires, comprenant notamment un sac, des cahiers, des stylos, des crayons, un taille-crayon et une gomme.
Un geste qui donne une traduction concrète au slogan "Bana Tulongayi Kalasa".
Pour la FEKACO, il ne s’agit donc pas simplement d’organiser un tournoi pour les jeunes. L’ambition est de créer un environnement dans lequel la pratique sportive accompagne la scolarité et contribue à maintenir les enfants dans le circuit éducatif.
Le message envoyé depuis Mbuji-Mayi est ainsi particulièrement fort : le tatami peut être une porte d’entrée vers l’éducation et non un univers séparé de l’école.
Une initiative saluée par les autorités
L’action de la FEKACO a également reçu l’appréciation des autorités provinciales du Kasaï-Oriental.
Prenant la parole au nom de la Division provinciale des Sports et Loisirs, André Kalonji a salué l’initiative et félicité le président de la FEKACO, Maître Freddy L’a Kombo.
Selon lui, cette démarche s’inscrit dans les orientations nationales relatives à l’éducation et à l’encadrement de la jeunesse, notamment autour de la gratuité de l’enseignement primaire.
Au-delà du discours institutionnel, l’Open Bwa Bana apporte surtout une réponse concrète à une problématique essentielle du sport congolais : comment utiliser les disciplines sportives pour mieux encadrer les enfants et leur offrir des perspectives ?
Une coïncidence présidentielle qui donne du relief à l’événement
Autre élément particulier : cette première édition de l’Open Bwa Bana s’est tenue au moment où le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, effectuait une visite à Mbuji-Mayi.
Une proximité temporelle qui donne une dimension symbolique supplémentaire à l’événement, au regard du message porté par la compétition autour de la jeunesse et de l’éducation.
Simple coïncidence ou convergence de visions ? Toujours est-il que le choix de placer l’enfant au cœur d’une manifestation sportive de cette nature trouve un écho particulier dans les politiques publiques consacrées à la jeunesse et à l’éducation.
À travers son président, Maître Freddy L’a Kombo, la FEKACO entend ainsi inscrire son action dans cette dynamique, en faisant du Karaté-Do un instrument de formation globale de l’enfant.
Former des combattants, mais surtout des citoyens
La première édition de l’Open Bwa Bana aura finalement posé les bases d’un concept qui mérite de s’inscrire dans la durée.
Car dans les arts martiaux, la victoire ne se mesure pas uniquement au nombre de combats remportés. Elle se construit aussi dans la capacité à transmettre une discipline, à inculquer le respect, à développer la confiance en soi et à préparer le pratiquant à affronter les défis de la vie.
À Mbuji-Mayi, la FEKACO a donc voulu aller au-delà du simple spectacle sportif. Elle a placé le jeune karatéka face à un double objectif : progresser sur le tatami et réussir sur les bancs de l’école.
L’Open Bwa Bana pourrait ainsi devenir, au fil des éditions, un rendez-vous majeur du calendrier national des jeunes en Karaté-Do.
Parce que l’objectif ultime n’est pas seulement de découvrir le prochain champion de RDC.
Il est aussi de former une génération de jeunes disciplinés, instruits, responsables et capables, demain, de porter haut les couleurs de leur pays.
Le Tremplin

