La Coalition C64 ne compte pas desserrer l'étau autour du pouvoir. Malgré les consultations engagées en vue d'un dialogue politique inclusif sous la facilitation de la CENCO et de l'ECC, la plateforme de l'opposition maintient sa marche pacifique prévue le 22 juillet, estimant qu'aucune garantie concrète n'a été donnée concernant l'abandon du projet de révision de la Constitution.
Dans une déclaration rendue publique, Prince Kinana, président du MND et membre de la Conférence des présidents de la Coalition C64, affirme que la plateforme ne fait pas confiance aux engagements du président Félix Tshisekedi. Il justifie cette position par les nombreux revirements qu'il attribue au chef de l'État, soutenant que seule une renonciation publique, claire et sans équivoque au projet de changement de la Constitution pourrait conduire la coalition à revoir sa position.
Pour le responsable politique, l'ouverture d'un dialogue ne constitue pas un motif suffisant pour suspendre la mobilisation populaire. Il estime que le dialogue et les manifestations citoyennes sont deux instruments complémentaires dans la lutte politique et qu'ils peuvent être menés simultanément.
Cette ligne est également défendue par Prince Epenge, autre figure de l'opposition. Selon lui, « la marche du mercredi 22 est inévitable » et la coalition ne peut plus faire marche arrière. Tout en saluant l'implication du cardinal Fridolin Ambongo dans les efforts de médiation, il insiste sur la nécessité de passer « des mots aux actes ». Il conditionne toute désescalade à un renoncement explicite du président Félix Tshisekedi au projet de changement de la Constitution et à la loi Ngondankoy, que l'opposition considère comme contraire à la Constitution.
Prince Epenge soutient par ailleurs que les défis auxquels fait face la République démocratique du Congo dépassent la seule question institutionnelle. Il évoque une crise sécuritaire, une crise de légitimité et une crise sociale, estimant que leur résolution passe par un dialogue impliquant l'ensemble des forces vives du pays plutôt que par les seules décisions du pouvoir en place.
Ces déclarations interviennent alors que la CENCO et l'ECC poursuivent leurs consultations afin de créer les conditions d'un dialogue national inclusif annoncé par le chef de l'État. Elles traduisent toutefois la détermination d'une partie de l'opposition à maintenir la pression dans la rue jusqu'à l'obtention de garanties jugées suffisantes sur l'avenir de la Constitution.
À quelques jours du 22 juillet, le bras de fer entre le pouvoir et la Coalition C64 demeure entier, dans un contexte politique toujours marqué par de fortes tensions autour du projet de réforme constitutionnelle et des modalités du dialogue national.
Le Tremplin
