L’Institut National des Arts (INA) a tiré la sonnette d’alarme. Au cours d’un point de presse tenu à Kinshasa, le Directeur général de l’établissement, le Professeur Félicien Thsimungu kandolo, a dénoncé de nouvelles tentatives de spoliation visant les bâtiments occupés par l’INA et son école d’application, l’INAS.
Selon la direction de l’institution, ces bâtiments sont un patrimoine de l’État congolais affecté à l’INA depuis 1988, après la démolition de l’ancien site situé à l’emplacement actuel du Stade des Martyrs. Pour les responsables de l’établissement, il ne fait donc aucun doute que ces infrastructures appartiennent à l’État et sont destinées à la formation des artistes congolais.
Mais depuis plusieurs années, des personnes non identifiées revendiqueraient régulièrement la propriété de cet espace. Une situation qui inquiète profondément les autorités académiques, les enseignants, les élèves et les parents.
Comment étudier dans la sérénité lorsque l’on ne sait pas si demain quelqu’un viendra réclamer votre école ? , s’est interrogée la préfète de l’INAS Me Nadège Bope.
Au-delà du conflit foncier, c’est l’avenir de la formation artistique en République démocratique du Congo qui est en jeu. L’INAS demeure aujourd’hui l’unique établissement secondaire spécialisé dans les arts du spectacle, la musique, le théâtre, la danse et d’autres disciplines culturelles.
Les responsables de l’INA appellent ainsi le gouvernement, les ministères concernés et les services de sécurité à faire toute la lumière sur ce dossier et à protéger ce patrimoine public.
Car la question dépasse les murs d’un bâtiment. Elle touche à la culture, à l’éducation et à l’identité nationale. Un pays qui perd ses écoles d’art risque aussi de perdre une partie de son âme.
L’heure n’est plus aux rumeurs ni aux incertitudes. L’État est attendu pour garantir la sécurité juridique de ce site et permettre à l’INA de poursuivre sa mission : former les artistes qui feront rayonner la culture congolaise de demain.
Gullith Basakisa