Des ONG lancent le Conseil pour la Défense de la Constitution face au projet de référendum
Le débat autour du projet de référendum constitutionnel continue de susciter des réactions en République démocratique du Congo. Trois organisations de la société civile, à savoir l'Association africaine de défense des droits de l'homme (ASADHO), Justicia Asbl et la Ligue congolaise de lutte contre la corruption (LICOF), ont annoncé ce jeudi la création du Conseil pour la Défense de la Constitution (CDC).
Selon ses initiateurs, cette nouvelle plateforme a pour mission de contribuer à la protection de la Constitution de la RDC et de promouvoir le respect de l'ordre constitutionnel. Les promoteurs du CDC ont également indiqué que les adhésions sont ouvertes aux organisations non gouvernementales et aux autres composantes de la société civile partageant les mêmes objectifs.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par l'examen, à l'Assemblée nationale, de la proposition de loi fixant les conditions d'organisation du référendum. Portée par le député Paul Gaspard Ngondankoy, cette proposition a déjà été jugée recevable et se trouve actuellement en étude approfondie au sein de la Commission politique, administrative et juridique (PAJ).
La création du CDC s'ajoute à une série de prises de position critiques à l'égard du projet référendaire. Ces derniers jours, la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a réaffirmé son opposition à toute démarche susceptible de conduire à une modification de la Constitution dans le contexte actuel. Dans une déclaration largement relayée, les évêques catholiques ont estimé qu'il n'y aurait « ni temps supplémentaire ni temps additionnel », une formule interprétée par plusieurs observateurs comme une référence à l'éventualité d'un troisième mandat présidentiel.
De son côté, l'opposition politique réunie au sein de la plateforme C64, créée récemment autour du rejet de la réforme constitutionnelle, avait annoncé une série d'actions destinées à empêcher l'aboutissement du projet. Ses dirigeants considèrent que l'initiative pourrait ouvrir la voie à une révision des équilibres institutionnels consacrés par la Constitution de 2006.
Alors que les débats se poursuivent au Parlement, la question du référendum apparaît désormais comme l'un des principaux sujets de confrontation entre le pouvoir, une partie de la société civile, les confessions religieuses et l'opposition politique. La mise en place du CDC traduit la volonté de plusieurs organisations citoyennes de structurer leur mobilisation autour de la défense de la Constitution, à un moment où le dossier continue de polariser la scène politique congolaise.
Le Tremplin.