Entre rumeurs, obstacles juridiques et ambitions prêtées, la possible candidature du secrétaire général de la CAF alimente les débats dans les milieux du football congolais.
Le football congolais s’achemine-t-il vers une nouvelle zone de turbulence ? Dans les salons sportifs, sur certaines plateformes médiatiques et dans certaines rédactions, un nom revient avec insistance : celui de Véron Mosengo Omba. Rien n’est encore officiel, mais les rumeurs persistent autour d’une éventuelle ambition de l’actuel secrétaire général de la Confédération africaine de football (CAF) de briguer la présidence de la Fédération congolaise de football association (FECOFA).
Depuis près de quatre ans, Mosengo Omba est perçu par certains observateurs comme une figure influente dans la gestion du Comité de normalisation (CONOR) installé à la tête de la FECOFA. Bien que basé au Caire dans le cadre de ses fonctions à la CAF, plusieurs acteurs du football congolais estiment qu’il aurait exercé une influence notable dans les orientations prises par les dirigeants successifs du CONOR. Une influence que certains décrivent comme une forme de direction à distance.
Aujourd’hui, alors que le cycle du CONOR approche de son terme et que les regards se tournent vers les futures élections à la tête de la FECOFA, l’hypothèse d’une candidature de Véron Mosengo Omba circule de plus en plus. Une ambition qui, en soi, pourrait paraître légitime pour un dirigeant ayant occupé des responsabilités importantes dans les instances du football africain.
Mais cette perspective se heurterait à plusieurs obstacles majeurs.
Le premier est d’ordre réglementaire. Dans les processus de normalisation soutenus par la FIFA et la CAF, il est généralement admis que les dirigeants impliqués dans la conduite d’un comité de normalisation ne participent pas aux élections qui suivent la fin de ce processus. Or, certains observateurs estiment que l’influence attribuée à Mosengo Omba dans la gestion du CONOR pourrait poser question au regard de ce principe.
Le deuxième obstacle concerne la question de la nationalité. Bien que d’origine congolaise, Véron Mosengo Omba est présenté comme étant de nationalité suisse. Or, la Constitution de la République démocratique du Congo consacre le principe d’une nationalité congolaise "une et exclusive", ce qui pourrait soulever un débat juridique en cas de candidature à la tête de la FECOFA.
Le troisième point touche aux critères d’éligibilité inscrits dans les statuts de la fédération. Ceux-ci exigent notamment que le candidat à la présidence soit de nationalité congolaise et résident en RDC, tout en maîtrisant les réalités du football national. Lors d’une interview accordée à la RTNC, dont un extrait est largement relayé sur les réseaux sociaux, Mosengo Omba avait lui-même reconnu ne pas résider en RDC et ne pas connaître en profondeur les réalités du football dans le Congo profond. Une déclaration qui nourrit aujourd’hui le débat.
Ces interrogations alimentent les discussions dans les milieux sportifs. Certains se demandent si l’actuel secrétaire général de la CAF envisagerait réellement une reconversion nationale à l’issue de son mandat au Caire, tandis que d’autres s’interrogent sur les moyens qui pourraient être utilisés pour contourner ou lever ces obstacles.
Dans le même temps, des critiques rappellent que plusieurs promesses formulées lors de l’installation du Comité de normalisation, notamment en matière de relance et de recherche de partenaires pour le football congolais, restent encore peu visibles.
Pour l’instant, aucune déclaration officielle de candidature n’a été faite. Mais une chose est sûre : à mesure que la fin du processus de normalisation approche, les spéculations se multiplient et la bataille pour l’avenir du football congolais commence déjà à se dessiner dans les coulisses.
La question reste entière : la FECOFA sera-t-elle la prochaine étape de la carrière de Véron Mosengo Omba après la CAF ? Et si oui, dans quelles conditions ?
Le Tremplin