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Double visite de Tshisekedi à Luanda : démarche diplomatique ou prémices d’un dialogue inclusif ?

 

Dans la suite de leur rencontre du 4 janvier dernier, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a effectué ce jeudi 8 janvier 2026 une visite de travail en Angola, à l’invitation de son homologue angolais, S.E.M. João Lourenço, Président de la République d’Angola et Président en exercice de l’Union africaine.

Selon une annonce publiée par la Présidence de la République démocratique du Congo, les échanges entre les deux Chefs d’État ont porté principalement sur l’examen des initiatives en cours visant le rétablissement durable de la paix dans l’Est de la RDC. Ces discussions s’inscrivent dans le cadre des processus diplomatiques de Washington et de Doha, engagés pour trouver une issue politique et sécuritaire à la crise persistante dans cette partie du pays.

Si la communication officielle reste sobre sur le contenu détaillé des entretiens, cette visite suscite déjà diverses interprétations sur la scène politique congolaise. Une certaine opinion estime que le Président Tshisekedi chercherait à obtenir l’implication directe de son homologue angolais dans la convocation d’un dialogue politique inclusif, présenté par certains comme une voie complémentaire aux efforts diplomatiques et sécuritaires en cours.

Cette hypothèse n’a toutefois fait l’objet d’aucune confirmation officielle. Elle intervient dans un contexte où la question du dialogue national demeure sensible et profondément clivante. Dans leurs prises de position passées, la quasi-totalité des forces politiques de l’opposition ont exprimé leur souhait de voir un éventuel dialogue être conduit sous l’égide conjointe de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) et de l’ECC (Église du Christ au Congo), deux institutions religieuses qu’elles jugent crédibles et expérimentées en matière de médiation.

Une option qui ne fait cependant pas l’unanimité. Du côté de la majorité au pouvoir et de ses soutiens, la CENCO est perçue par certains comme une partie prenante au problème, accusée d’affinités avec l’opposition politique et, par ricochet, avec certains groupes rebelles. Pour ces partisans du régime, toute initiative de dialogue devrait s’inscrire dans un cadre jugé plus neutre ou strictement institutionnel.

Dans l’immédiat, la Présidence congolaise met en avant la convergence de vues entre Kinshasa et Luanda sur la nécessité d’une paix durable dans l’Est du pays, à travers les mécanismes régionaux et internationaux en cours. Reste à savoir si cette dynamique diplomatique débouchera, à terme, sur une initiative politique interne plus large, telle qu’un dialogue inclusif, et sous quelle médiation celui-ci pourrait éventuellement se tenir.


Le Tremplin

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