L’initiative de dialogue national évoquée ces derniers jours par les autorités congolaises, avec l’implication annoncée de l’Angola, continue de susciter des réactions au sein de la classe politique. Dans une publication virulente sur le réseau social X, l’opposant Seth Kikuni, ex-candidat à l’élection présidentielle, a rejeté catégoriquement toute participation à ce qu’il qualifie de “mise en scène politique”.
Sans détour, Seth Kikuni accuse le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, de relayer une version qu’il juge mensongère de la démarche en cours. Selon lui, l’initiative de dialogue ne procède pas d’une volonté sincère de résoudre la crise politique, mais d’une tentative du président Félix-Antoine Tshisekedi de préserver son pouvoir face à ce qu’il décrit comme un " effondrement politique, institutionnel et moral" du régime.
Dans son message, l’opposant estime que le président congolais chercherait à faire endosser à l’Angola la mission de convaincre l’opposition ainsi que l’opinion nationale et internationale du bien-fondé d’un prétendu dialogue national. Une démarche qu’il analyse comme une stratégie de communication destinée à masquer les difficultés internes du pouvoir.
Seth Kikuni rappelle que, selon lui, tout dialogue crédible doit reposer sur trois piliers fondamentaux : la bonne foi, l’égalité des parties et le respect de la parole donnée. Or, affirme-t-il, ces conditions ne seraient pas réunies sous le régime actuel, qu’il accuse de renier régulièrement ses engagements et d’instrumentaliser les institutions de la République à des fins politiques.
Plus loin, l’ancien candidat à la présidentielle soutient que Félix Tshisekedi serait à la fois " partie et problème" dans la crise que traverse le pays. Il l’accuse notamment d’avoir restreint l’espace démocratique, poussé des acteurs politiques et de la société civile à l’exil, et instauré, sous couvert de l’”Union sacrée”, un système assimilable à un régime de parti dominant.
Dans ces conditions, Seth Kikuni affirme qu’il est exclu, pour lui et pour d’autres acteurs de l’opposition, de prendre part à un forum qu’il assimile à un rassemblement interne du camp au pouvoir, destiné à légitimer le chef de l’État plutôt qu’à répondre aux aspirations du peuple congolais.
Tout en réaffirmant son attachement de principe au dialogue comme moyen pacifique de règlement des crises, l’opposant insiste sur la nécessité d’un processus crédible, neutre et assorti de garanties claires. À défaut, prévient-il, toute initiative de ce type serait vouée à l’échec.
Cette sortie de Seth Kikuni intervient dans un contexte politique tendu, marqué par des divergences profondes entre le pouvoir et une partie de l’opposition sur la nature, les objectifs et les garanties d’un éventuel dialogue national, présenté par les autorités comme une voie de sortie de crise, mais perçu par ses détracteurs comme une manœuvre politique.
Le Tremplin