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La synergie de la Société civile laïque et républicaine à la C64 : "Pourquoi mobiliser pour le pouvoir et pas pour sauver des vies?"

La Synergie de la Société Civile Laïque et Républicaine appelle les acteurs politiques congolais à privilégier les intérêts de la population face aux multiples défis auxquels la République démocratique du Congo est confrontée. Dans une déclaration rendue publique ce lundi 14 septembre 2026 à Kinshasa, cette plateforme de la société civile a notamment dénoncé ce qu’elle considère comme une "voie de la confrontation" empruntée par la Coalition Article 64 (C64).


Selon Jonas Tshombela, l’un des leaders ayant procédé à la lecture de la déclaration, la Synergie regroupe plus de 500 organisations réparties à travers le pays. Elle entend, à travers cette sortie médiatique, sensibiliser la population et l’appeler à ne pas se laisser entraîner dans des mobilisations politiques qui, selon elle, ne répondent pas aux priorités du moment.


La plateforme s’interroge notamment sur la mobilisation annoncée par la C64 pour le 15 septembre contre le processus relatif à la loi sur le référendum et le débat autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle.


Pourquoi cette capacité de mobilisation politique ne se manifeste-t-elle pas avec la même vigueur pour défendre les populations de l'Est ?, s’interroge la Synergie, qui évoque également la situation des déplacés, les victimes des violences et l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement le pays.

La C64 accusée de privilégier la confrontation

Dans son analyse, la Synergie estime que la C64 a choisi la confrontation avec les institutions de la République plutôt qu’une démarche visant à associer le peuple aux grandes questions nationales.


La plateforme accuse également cette coalition d’être davantage préoccupée par le partage des postes et lui reproche, selon ses propres les commentaires de ses cadres, d’être "de mèche avec la rébellion". Ces accusations, formulées par la Synergie, n’ont toutefois pas été étayées dans la déclaration par des éléments précis.


Pour Christopher Ngoyi, l’un des intervenants lors de ce point de presse, les démarches actuellement entreprises par le pouvoir autour du processus constitutionnel ne constituent pas, selon son analyse, une violation de la Constitution.


"Dans ce qui est fait par le pouvoir, il n’y a pas eu violation de la Constitution ", a-t-il affirmé, appelant ainsi à relativiser les arguments avancés par les opposants au processus.

"Défendre la Constitution, c’est aussi défendre le peuple"

La Synergie rappelle que la Constitution appartient au peuple congolais et estime que celui-ci doit être informé, consulté et respecté dans tout processus touchant à l’organisation fondamentale de la République.


Elle appelle par ailleurs les forces politiques à faire de la situation sécuritaire dans l’Est et de la lutte contre Ebola des priorités nationales. Elle invite notamment les partis politiques à mettre leurs réseaux de militants à contribution pour sensibiliser la population, combattre les rumeurs et la désinformation, promouvoir les mesures d’hygiène et soutenir les agents de santé.


Pour cette organisation, l’énergie consacrée aux mobilisations politiques pourrait également être utilisée pour répondre aux urgences sociales et sanitaires.

Une marche peut mobiliser des milliers de personnes en une journée. Pourquoi ne pas mobiliser cette même énergie pour sauver des vies ?, interroge-t-elle.

Présentée comme une initiative de sensibilisation de la population contre la manipulation politique, cette déclaration intervient à la veille de la mobilisation annoncée par la C64. La Synergie appelle ainsi les institutions et les citoyens à éviter toute nouvelle confrontation entre Congolais et plaide pour un débat national qu’elle veut  "responsable".

"Ne soyons plus une simple masse de manœuvre politique", conclut la plateforme.


Charles Masudi 

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