Le départ de Trésor Nganga de son poste de Point Focal du basketball 3x3 constitue un nouveau signal d'alarme pour la Fédération de Basketball du Congo (FEBACO). Dans sa lettre de démission, l'ancien président de la Ligue provinciale de basketball de Kinshasa dénonce plusieurs années de manque d'accompagnement, de non-paiement de frais et de considération insuffisante dans l'exercice de ses fonctions.
Trésor Nganga a officiellement décidé de quitter ses fonctions de Point Focal 3x3, poste qu'il occupait au sein de la FEBACO depuis 2018. Dans une correspondance adressée au correspondant officiel de la Fédération, il explique que sa décision est le résultat d'une « dégradation constante » de ses conditions de travail et d'un manque persistant d'accompagnement dans l'exécution de ses missions.
Parmi les griefs énumérés figurent notamment le non-paiement, pendant plusieurs années, des frais liés à la Nation League, compétition considérée comme une étape importante dans le processus de qualification à la Coupe du monde U23. L'ancien responsable du 3x3 évoque également la prise en charge partielle des compétitions extérieures de cette discipline, contrairement au basketball traditionnel à cinq contre cinq qui, selon lui, bénéficie d'une prise en charge complète de la FEBACO.
Des frais payés sur fonds propres
Trésor Nganga affirme aussi que les frais de préparation des équipes nationales 3x3 qu'il supervise n'ont pas été mis à sa disposition. Il dénonce par ailleurs l'absence des compétitions 3x3 dans le calendrier-programme de la FEBACO pour la saison 2025-2026.
Dans sa lettre, il soulève également la question de la gestion de la dette liée à l'Africa Cup 2022 ainsi que le non-paiement de la totalité des frais d'inscription aux Africa Cup 2025 et 2026.
Le désormais ancien Point Focal affirme avoir été contraint de payer certains frais de ses propres moyens et avec retard, alors que, souligne-t-il, des ressources avaient été mobilisées pour d'autres activités.
Dans ces conditions, il m'est impossible de poursuivre ma mission au sein de la FEBACO, écrit-il, demandant ainsi que la fin de son mandat soit actée dès réception de sa lettre.
Une nouvelle alerte sur la gouvernance de la FEBACO
Au-delà de la démission de Trésor Nganga, cette affaire remet sur la table les nombreuses critiques régulièrement formulées contre la gouvernance actuelle de la FEBACO. La mauvaise gestion, le manque d'égards vis-à-vis de certains collaborateurs, une attitude jugée arrogante par plusieurs acteurs du milieu ainsi qu'une difficulté à accepter les critiques sont autant de reproches qui visent régulièrement le duo à la tête du bureau fédéral, composé du président et du secrétaire général.
Pour plusieurs observateurs du basketball congolais, le problème dépasse désormais les simples divergences internes. La multiplication des frustrations et le départ progressif de certains acteurs importants risquent d'affaiblir davantage une discipline qui a pourtant besoin de toutes ses compétences pour retrouver sa stabilité et son rayonnement.
À vouloir régner en maîtres absolus sans produire des résultats à la hauteur des attentes, quel avenir réserve-t-on réellement au basketball congolais ?
Trésor Nganga, un artisan du rayonnement du 3x3
Ancien président de la Ligue provinciale de basketball de Kinshasa, Trésor Nganga n'est pas un inconnu dans l'univers de la balle au panier en République démocratique du Congo. Depuis plusieurs années, il s'est investi dans le développement du basketball 3x3 et dans l'encadrement des sélections nationales. Malgré les difficultés matérielles et financières qu'il affirme avoir rencontrées, il a contribué à conduire les Léopards 3x3 vers les sommets du basketball africain.
Son départ apparaît ainsi comme la conséquence d'un malaise devenu trop profond. Après des années de sacrifices, de frais parfois engagés sur fonds propres et d'un manque d'accompagnement qu'il n'a cessé de dénoncer, Trésor Nganga semble avoir atteint le point de rupture.
Sa démission pose désormais une question essentielle à la FEBACO : combien d'autres compétences faudra-t-il perdre avant qu'une véritable remise en question de la gouvernance ne soit engagée ?
Charles Masudi
