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FECOFA : Affaire MK, play-offs… les dossiers qui scellent le départ de Liliane Tshimpumpu

 

Le départ de Liliane Tshimpumpu du secrétariat général de la FECOFA intervient dans un contexte marqué par plusieurs dossiers sensibles. Parmi ceux-ci, l’affaire opposant La Grâce au FC MK autour des indemnités de formation liées au transfert de Silas Katompa à Stuttgart constitue le dossier qui fait le plus de bruit et qui précipite sa sortie.

Liliane Tshimpumpu quitte le secrétariat général de la Fédération congolaise de football association (FECOFA). La nouvelle tombe ce vendredi 7 août 2026, à l’issue d’une réunion particulièrement houleuse du Comité exécutif, présidée par le président de la Fédération, Véron Mosengo Omba.

Fille de l’ancien journaliste et homme politique congolais Lucien Tshimpumpu wa Tshimpumpu, Liliane Tshimpumpu marque son passage à la FECOFA par un caractère affirmé et une implication importante dans la conduite du processus électoral qui permet à la Fédération de sortir de plusieurs années de normalisation.

Mais son départ intervient dans un contexte de fortes tensions autour de plusieurs dossiers.

L’affaire La Grâce - MK, la goutte d’eau qui fait déborder le vase

Le plus grand dossier qui fragilise Liliane Tshimpumpu reste celui qui oppose La Grâce au FC MK au sujet des indemnités de formation liées au transfert de Silas Katompa à Stuttgart.

Sur ce dossier, tout semble pourtant clair et simple : Stuttgart est et reste joignable pour apporter les éclaircissements nécessaires sur les opérations effectuées au bénéfice des clubs concernés par le transfert.

Comme Le Tremplin le publie dans l’une de ses précédentes éditions, le FC MK ne perçoit aucun franc au titre d’une quelconque indemnité destinée à un club formateur dans le cadre du transfert de Silas Katompa.

Le différend porte notamment sur les sommes réclamées au FC MK au profit de La Grâce au titre des indemnités de formation.

Pourtant, sur la base de la conviction défendue par la FECOFA sous la gestion de Liliane Tshimpumpu, le FC MK est même exclu du championnat national. Ses dirigeants sont alors présentés, au bas mot, comme des personnes insolvables, sinon malhonnêtes, dans une affaire où le club de Max Mokey affirme depuis le départ n’avoir perçu aucune somme destinée à un quelconque club formateur.

La position de la FECOFA est particulièrement ferme. Le club est sanctionné alors que les zones d’ombre du dossier ne sont pas définitivement levées.

Or, lorsque Stuttgart finit par être saisi et réagit, sa réponse rejoint précisément la version défendue depuis le début par le FC MK.

Le club allemand reconnaît avoir traité directement avec chacun des clubs concernés par le transfert de Silas Katompa, sans passer par le FC MK comme intermédiaire. Cette précision vient ainsi conforter la version soutenue dès le départ par le club cher à Max Mokey.

Le contraste est saisissant : d’un côté, une FECOFA qui sanctionne le FC MK sur la base d’une conviction qu’elle considère comme établie ; de l’autre, une réponse de Stuttgart qui apporte des éléments allant dans le même sens que ceux avancés depuis le début par le club congolais.

Le plus troublant reste que Stuttgart est joignable. Une correspondance officielle peut permettre à la Fédération de vérifier directement les faits et d’éviter que le dossier ne prenne une telle ampleur.

La FECOFA, sous Liliane Tshimpumpu, ne saisit pourtant pas immédiatement le club allemand pour obtenir ces éclaircissements. Elle ne prend pas davantage en compte, avec le même degré d’attention, la version du FC MK et les documents que celui-ci met à sa disposition.

Il faut attendre une saisine et une réaction tardives de Stuttgart pour que la situation évolue et que le FC MK soit finalement réhabilité.

Cette chronologie pose forcément une question : comment une institution chargée de faire respecter les règlements peut-elle prendre une décision aussi lourde contre un club sans avoir préalablement épuisé les voies les plus simples de vérification auprès de la partie directement concernée ?

C’est précisément cette gestion du dossier qui constitue, pour plusieurs observateurs, la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Les sources approchées à l’époque par Le Tremplin livrent par ailleurs des informations particulièrement troublantes. Elles affirment que des promesses sont faites à la secrétaire générale du CONOR de l’époque afin qu’elle bénéficie d’une part dans les sommes réclamées au FC MK.

Ces accusations, compte tenu de leur gravité, nécessitent toutefois d’être étayées par des éléments précis et confrontées aux intéressés.


Une chose demeure : dans cette affaire, le FC MK défend dès le départ une version qui reçoit ensuite le soutien des éléments communiqués par Stuttgart. Entre-temps, il subit une exclusion du championnat national et voit son image sérieusement écornée.

Pour le FC MK et ses dirigeants, le préjudice dépasse donc largement la seule question financière. C’est également leur réputation qui se retrouve exposée dans une affaire dont les développements ultérieurs viennent remettre en question la lecture initialement faite par la Fédération.

Les play-offs, une autre décision qui fait polémique

L’affaire La Grâce - MK n’est toutefois pas le seul épisode qui fragilise la gestion de Liliane Tshimpumpu.


À la veille des play-offs du championnat national, la Fédération cautionne l’organisation de cette phase sur deux sites, à la suite d’une injonction de certains clubs.

Cette décision soulève immédiatement la question de l’équité entre les participants et du respect des textes qui régissent la compétition.


L’article 14 du règlement du championnat national reconnaît à chaque club le droit de recevoir les rencontres à domicile, de la même manière qu’il accepte de se déplacer chez ses adversaires.

La décision d’organiser les play-offs sur deux sites, dans les conditions retenues, apparaît donc en contradiction avec ce principe.


Pour ses beaucoup, cet épisode illustre une FECOFA qui se montre vulnérable aux pressions des clubs au lieu de faire appliquer strictement les règlements.


Cette séquence alimente davantage les critiques contre la gestion du secrétariat général et renforce l’image d’une administration fédérale confrontée à des choix difficiles à concilier avec les principes d’équité et de neutralité sportive.

Laetitia Muderhwa prend les commandes de l’administration

Liliane Tshimpumpu quitte donc le secrétariat général et laisse sa place à Laetitia Muderhwa.

La nouvelle secrétaire générale n’est pas totalement étrangère à l’environnement du football congolais. Elle travaille notamment dans l’entourage de Véron Mosengo Omba lorsqu’il exerce ses responsabilités à la Confédération africaine de football (CAF). Elle effectue également, par le passé, un stage au sein de la FECOFA sous la présidence de Constant Omari Selemani.

Son arrivée marque un changement de profil à la tête de l’administration fédérale.

Laetitia Muderhwa prend les commandes d’une institution confrontée à plusieurs dossiers sensibles et à de fortes attentes en matière de transparence, de rigueur administrative et de respect des règlements.

Elle doit surtout rapidement s’imposer dans un environnement institutionnel où les rapports entre la Fédération, les clubs et les autres acteurs du football congolais restent particulièrement tendus.

Son principal défi consiste désormais à restaurer la confiance, à renforcer la rigueur administrative et à faire respecter les textes de manière uniforme.

Après le départ de Liliane Tshimpumpu, une nouvelle page s’ouvre donc à la FECOFA.

Laetitia Muderhwa hérite d’une administration où les attentes sont immenses. Sa capacité à imposer une gouvernance fondée sur les textes, l’équité et la transparence seront scrutées de très près.


Le Tremplin 

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