À une semaine de la journée du 22 juillet, la majorité présidentielle donne l'image d'une coalition profondément divisée. Alors que le secrétaire permanent de l'Union sacrée de la nation (USN), André Mbata, maintient son appel à une mobilisation générale, l'UDPS, principal parti de la plateforme présidentielle, s'est publiquement désolidarisée de cette initiative.
Dans une nouvelle déclaration, André Mbata a réaffirmé que les partis, regroupements politiques et personnalités membres de l'USN sont appelés à manifester le 22 juillet à Kinshasa, dans les provinces ainsi qu'au sein de la diaspora. Réagissant implicitement à la position de l'UDPS, il a rappelé que l'Union sacrée compte plus de 900 composantes et qu'elle ne peut être assimilée à un seul parti politique. Il a également demandé aux membres de la plateforme de ne suivre que les communications émanant de lui, en tant que porte-parole officiel de l'USN.
Cette sortie intervient après la prise de position du secrétaire général et président intérimaire de l'UDPS, Augustin Kabuya. Ce dernier a clairement indiqué que son parti ne participera pas à cette manifestation, qualifiant l'initiative d'André Mbata de « piège » à éviter, d'autant plus que l'opposition prévoit également une marche le même jour.
Cette divergence met en lumière une fissure inédite au sein de la famille présidentielle. Le désaveu public de l'UDPS, formation politique du président Félix Tshisekedi et principale force de l'Union sacrée, soulève des interrogations sur la cohésion de la majorité et sur la capacité de l'USN à mobiliser largement sans l'implication de son parti moteur.
L'insistance d'André Mbata à maintenir l'appel à manifester, malgré le refus de l'UDPS, fait également craindre une montée des tensions. La tenue simultanée de manifestations de la majorité et de l'opposition pourrait accroître les risques de face-à-face entre militants, avec des conséquences potentielles sur l'ordre public, surtout dans un contexte politique déjà marqué par une forte polarisation.
À quelques jours de l'échéance, les regards restent tournés vers les autorités compétentes, appelées à garantir le respect des libertés publiques tout en prévenant tout débordement susceptible de compromettre la sécurité des citoyens.
Le Tremplin
