La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) poursuit ses consultations dans le cadre de son assemblée plénière extraordinaire consacrée au débat sur le projet de changement ou de révision de la Constitution. Jeudi, les évêques catholiques ont reçu successivement des représentants de l'opposition et de la majorité au pouvoir afin de recueillir leurs points de vue avant de rendre publique leur position.
Le président du parti Envol, Delly Sesanga, a été entendu au siège de la CENCO à Kinshasa pour exposer les préoccupations de l'opposition face au projet porté par la majorité présidentielle. À la sortie de l'audience, il a réaffirmé l'attachement de son camp au respect de la Constitution actuelle et son opposition à toute initiative susceptible, selon lui, de remettre en cause les équilibres institutionnels du pays.
De son côté, Jean-Claude Tshilumbayi, cadre de l'UDPS et premier vice-président de l'Assemblée nationale, a présenté aux évêques la vision de la majorité au pouvoir. Celle-ci soutient la nécessité d'ouvrir le débat sur certains ajustements constitutionnels qu'elle estime adaptés aux réalités actuelles de la République démocratique du Congo.
Ces échanges interviennent dans un contexte politique marqué par une vive controverse autour de la question constitutionnelle. La position officielle de la CENCO est attendue au plus tard le 20 juin, à l'issue des travaux de son assemblée plénière extraordinaire.
La démarche adoptée par l'Église catholique rappelle celle menée récemment par l'Église du Christ au Congo (ECC). Avant de rendre publique sa position, cette plateforme protestante avait également consulté plusieurs acteurs politiques et sociaux. À l'issue de ces échanges, l'ECC avait recommandé l'organisation d'un dialogue national inclusif, estimant qu'une question aussi sensible que l'avenir de la Constitution devait faire l'objet d'un consensus national impliquant toutes les composantes du pays.
Alors que les avis restent profondément divergents entre la majorité et l'opposition, les prises de position de la CENCO et de l'ECC sont particulièrement attendues dans un débat qui continue de susciter de nombreuses réactions au sein de la classe politique et de l'opinion publique congolaise.
Le Tremplin