La rencontre de ce vendredi entre le président Félix-Antoine Tshisekedi et les responsables de la CENCO, de l'ECC et de l'ERC autour du dialogue national marque un tournant dans le débat politique congolais. Au-delà de l'annonce d'une future feuille de route, elle invite à une profonde réflexion sur les choix qui ont été faits ces derniers mois.
Pendant longtemps, l'idée d'un dialogue politique inclusif portée par la CENCO et l'ECC a été combattue avec une rare virulence par une partie de la classe politique, particulièrement au sein de la majorité présidentielle. Au lieu de discuter du fond de la proposition, certains responsables politiques et leurs militants ont préféré s'en prendre aux messagers.
Les évêques catholiques ont été qualifiés de "politiciens en soutane", de "traîtres" ou encore de "pro-rwandais". Les responsables protestants n'ont pas non plus été épargnés. Des campagnes de dénigrement ont été menées contre ces confessions religieuses, tandis que des initiatives ont vu le jour pour tenter d'affaiblir leur crédibilité et de créer des divisions, notamment au sein de l'Église catholique, alors que les structures officiellement reconnues des laïcs n'avaient pas adopté ces positions.
Avec le recul, une question mérite d'être posée : tout cela était-il réellement dans l'intérêt de la nation ? Les événements de ce vendredi montrent que le dialogue, hier rejeté, est aujourd'hui envisagé comme une piste de solution par les plus hautes autorités du pays. Cette évolution rappelle qu'en politique, les positions dictées par les intérêts immédiats ne résistent pas toujours à l'épreuve des réalités.
Dans un contexte marqué par la guerre dans l'Est, les tensions politiques et les défis institutionnels, l'intérêt supérieur de la République devrait primer sur les calculs partisans. Si les appels répétés des "pèlerins de la paix" avaient été entendus plus tôt, le pays aurait peut-être évité des souffrances supplémentaires et épargné des vies humaines.
L'heure ne devrait donc plus être aux règlements de comptes, mais à la responsabilité. Tous les acteurs politiques, sociaux et religieux sont appelés à privilégier l'unité nationale et la recherche sincère de solutions durables.
En ouvrant officiellement la voie au dialogue, le président de la République prend une orientation qui rejoint une démarche défendue depuis plusieurs mois par les principales confessions religieuses. Il appartient désormais à l'ensemble des forces vives de saisir cette opportunité avec patriotisme, dans l'unique objectif de ramener la paix, de consolider la cohésion nationale et d'offrir un avenir plus stable à la République démocratique du Congo.
Le Tremplin
