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Franc congolais renforcé, inflation maîtrisée, mais un piège budgétaire persiste (CEGFT)

 

L’intervention de la Banque Centrale du Congo (BCC) en août 2025 restera comme un tournant majeur dans la gestion économique du pays. En décidant de durcir les réserves obligatoires des banques, l’institution a provoqué une contraction de la liquidité et, contre toute attente, une appréciation spectaculaire du franc congolais d’environ 30 %.


Résultat immédiat : la spirale inflationniste a été freinée. Le taux d’inflation, qui culminait à 11,7 % fin 2024, est tombé à 2,3 % fin 2025. Une performance rare dans une économie fortement dollarisée comme celle de la RDC, où le taux de change influence directement les prix des biens de consommation.

Une victoire monétaire indiscutable

Selon une étude du Centre d’Études sur la Gouvernance Financière et la Transparence (CEGFT), cette stabilisation n’est pas un simple hasard. Elle est le fruit d’un mécanisme clair : moins de liquidité, moins de pression sur le dollar, donc un franc congolais plus fort et des prix mieux contenus.


Sans cette intervention, le taux de change aurait pu franchir la barre des 2 900 CDF/USD début 2026, aggravant le coût de la vie et les tensions sociales.

Mieux encore, contrairement à certaines critiques, les recettes publiques n’ont pas chuté. Après correction des effets saisonniers, elles ont même légèrement augmenté (+3,4 %), démontrant que l’appréciation du franc n’a pas affaibli les finances de l’État.

Le vrai problème : la dérive des dépenses publiques

Mais derrière cette réussite monétaire se cache une réalité plus préoccupante : les finances publiques restent sous pression.

Entre janvier 2024 et février 2026, les dépenses de l’État ont atteint environ 68 800 milliards de CDF, contre 58 300 milliards de recettes, soit un déficit cumulé de 10 500 milliards de CDF.


Le diagnostic est sans appel : Ce ne sont pas les recettes qui posent problème, mais bien la structure et le niveau des dépenses.

La masse salariale à elle seule absorbe en moyenne 32 % du budget, avec des pics allant jusqu’à 58 %. À cela s’ajoutent des dépenses exceptionnelles irrégulières et une forte concentration des décaissements en fin d’année, aggravant les tensions de trésorerie.

Un équilibre macroéconomique fragile

L’étude souligne un point crucial : la politique monétaire a stabilisé l’économie, mais elle ne peut pas, à elle seule, corriger les déséquilibres structurels.

En clair, la BCC a fait sa part du travail. Désormais, la balle est dans le camp du gouvernement.

Sans discipline budgétaire, les acquis obtenus, stabilité du franc, baisse de l’inflation, amélioration du pouvoir d’achat, risquent de s’éroder.

Ce qu’il faut changer maintenant

Pour éviter un retour en arrière, plusieurs réformes s’imposent : 

maîtriser la masse salariale publique

rationaliser les dépenses exceptionnelles

mieux planifier les décaissements

investir davantage dans les infrastructures productives

Une leçon économique claire

L’expérience congolaise récente envoie un message fort : Une monnaie stable ne suffit pas à garantir l’équilibre économique.

La stabilité monétaire est un levier puissant, mais sans rigueur budgétaire, elle reste fragile.

En définitive, la RDC se trouve aujourd’hui à un carrefour : consolider les gains obtenus ou risquer de replonger dans les déséquilibres du passé.


Le Tremplin





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